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Gotama le Bouddha
D'après les écritures palies
E.H. Brewster
Payot - 1929
255 pages
Préface de C.A.F. Rhys Davids
Edition française par G. Lepage, ancien attaché à l'Ecole Française d'Extrême-Orient


Quatrième de couverture

Préface de C. A. F. RHYS DAVIDS

J'écris ces quelques lignes à la requête de mon ami le comte Brewster, comme parrain du livre dont je lui ai suggéré l'idée il y a deux ans. Buddhism in Translations de H. Warren, malgré sa haute valeur, était plutôt une mosaïque de faits et de dates, et ne s'adressait pas à la généralité des lecteurs. De plus, il embrassait un domaine trop étendu pour donner le relief nécessaire au sujet spécial que le présent livre s'est proposé. Cà a été pour moi un grand plaisir de suivre les progrès du travail de l'auteur et d'aider de temps à'autre à son achèvement.
Il est profondément regrettable que les moines de la Communauté bouddhiste qui, après la mort de leur ehef éminent, s'occupèrent de réunir dans un ordre déterminé et sous une forme orale définitive les ordonnances et les paroles du Bouddha, n'aient pas estimé aussi important de faire de même pour l'histoire de sa dernière existence sur la terre. L'unique moyen de réparer cette négligence était d'ajouter les unes aux autres les parties de biographie et d'autobiographie contenues dans ces ordonnances et ces discours. Tel a été le but de l'auteur.
Il serait vain de regretter ce qui est perdu. Les données qui nous restent sont suffisantes pour représenter l'homme qui fut, dans sa vic et dans sa foi, le véritable frère des hommes. Nous avons l'espoir qu'il sera jugé tel. J'attirerai l'attention du lecteur sur les trois points suivants: la description faite ici du petit monde dans lequel vécut Gotama, la nécessité d'une lecture attentive et le portrait de l'homme réel qui en résultera.
Tout d'abord, dans quel monde vivait Gotama ? Dans l'Inde de cette époque, un maître ou un réformateur était tenu d'agir sur le monde religieux et avec lui. Et l'auteur a très exactement rendu le mot pali Bikkhu qui signifie mendiant par le mot moine. Car, moine est le mot qui représente le mieux à notre esprit le religieux bouddhiste. Il est plus précis que frère ou que prêtre. Il est bien le fil d'Ariane qui nous conduit vers ce monde de moines d'où sortirent les livres, tandis que tout autre mot nous le cache. Ce monde ne prend pas la vie comme objectif ou comme idéal. Le moine a tourné le dos à la vie du monde. Il recherche un genre de progrès spécial, restreint. Dans toute autre religion, il compte probablement être moins embarrassé au terme de sa vie. Mais le moine bouddhiste n'envisageait pas de progrès en des mondes autres que la terre. Il ne voyait ici ou là que la suppression du devenir qui pouvait être obtenue ici-bas ou dans un autre monde. Sur le chemin de la félicité suprême, il était un arbre non pas vigoureux mais rabougri. Arrivé au terme du chemin, il était une souche d'arbre privée de racines. Il ne croyait pas que la vie de l'homme formait un tout complet, unique. Il avait la perspective de vies successives et de mondes nombreux, mais rejetait bien des enseignements (du maître) à ce sujet.
On peut se demander si l'on obtient un portrait fidèle du fondateur du bouddhisme quand on représente celui-ci dans le monde des moines. Appartenait-il complètement ou non à ce monde? Cette question nécessite un examen attentif qui permette de discerner les apparences de la réalité. C'est un travail difficile mais indispensable, faute duquel on arriverait à des conclusions erronées. Le lecteur doit faire ce travail et braver tout reproche d'éclectisme. Il doit chercher à retrouver l'homme tel qu'il est, l'homme vivant, l'homme qu'il voit, l'homme qu'il entend, son semblable. Il ne faut pas qu'il s'attache aux dehors, aux sermons et aux paroles attribués au Bouddha à un moment et dans un endroit donnés. Et, au cours de sa lecture, il sera étonné de constater que la figure, tout d'abord indécise des textes, s'éclaire, grandit et devient un homme réel. Cet homme réel est le résultat de l'examen attentif du lecteur. A s'en tenir aux apparences, on pourrait conclure que le Bouddha était un causeur prolixe. Or, à côté des innombrables sermons sur la
religion prétendus " paroles du Bouddha ", les entretiens les plus vivants nous montrent le Bienheureux exerçant sur ses auditeurs beaucoup d'effet en peu de mots. Le court Nakulapitar Suta (p. 121) en est un exemple. Mais, dans les textes palis, dès que le malade encouragé et réconforté n'est plus en la présence magnétique du Maître, il est retenu par ses disciples qui expliquent et commentent en des formules stéréotypées la pensée du Bouddha. Il peut se faire que ces longues conversations aient été peu à peu mises dans la bouche de l'homme qui avait le talent de dire beaucoup en peu de mots. Mais, il ne faut pas oublier qu'il était renommé autant pour son silence que pour ses paroles, et qu'il avait plus que personne l'habitude de rester assis dans " le noble silence" au milieu de ses disciples.
De même, à première vue, le Bouddha nous semble un homme surprenant. Toutefois, en y regardant de plus près, on le voit reculer devant l'effort sans espoir de convaincre le monde esclave de la tradition qui l'entoure; on le voit d'abord hésiter, puis se décider à faire connaître à l'humanité la vérité qu'il a découverte; on le voit s'opposer à la fondation d'une communauté de religieuses, puis y consentir sur les instances de son cousin bien-aimé; on le voit prétendre fonder une religion universelle et cependant prédire que celle-ci durera cinq cents ans; on le voit établir un rapport étroit entre l'existence humaine et les autres mondes, et enseigner que " s'il n'y a pas d'autre monde" la vie religieuse est encore la meilleure; on le voit célébrer la valeur de la joie tandis qu'on lui fait dire que le sage regarde la joie "comme une souffrance".
De même, à première vue, nous pourrions le juger un être égoïste et vaniteux au dernier point, parlant de lui en toutes circonstances et en des termes qui dépassent en exagération ceux qu'employaient les plus fanfarons des guerriers d'Homère. Et, nous l'entendons, par contre, engager ses adeptes à bien
peser la valeur morale de sa doctrine avant de le suivre, à prendre celle-ci et non pas lui comme maître, à être à eux-mêmes leur propre guide et non pas les disciples aveugles d'un maître quelconque.
Une étude personnelle a fait naître en moi de profonds sentiments de vénération et d'affection pour le Bouddha; mais ces sentiments ne vont pas au moine, à l'homme faible, à l'homme surprenant, à l'homme vaniteux. Ils s'adressent au frère des hommes, au dispensateur du bonheur des hommes, à l'artisan des œuvres vertueuses, à celui qui soutient l'énergie de ses frères. Je vois en lui l'auxiliaire suprême des hommes, celui qui sut exprimer aux hommes, ce qu'aucune autre religion ne faisait, ce qu'il y a de meilleur en eux; le sauveur des populations de son propre monde; celui qui délivre les hommes de la transmigration; un croyant qui, contrairement à l'idéal des moines, met une espérance dans la vie. Je vois en lui, enfin, un maître qui s'adressait directement à ceux qui avaient recours à lui à tel point que, bien loin d'employer toujours les mêmes formes de langage, il ne pouvait exprimer une idée deux foi-s dans les mêmes termes.
Par rapport à l'époque du Bouddha, le Tripitaka pali, tel qu'il nous a été transmis, n'est pas très ancien. La réunion de ses divers éléments a nécessité des siècles. Aussi n'est-ce pas sans changements de forme et, peut-être même de fond, que tout cet ensemble est passé par la tradition orale dans la langue de Ceylan pour être ensuite rédigé beaucoup plus tard. Néanmoins, la tradition palie est celle qui semble donner jusqu'à présent le plus ancien portrait de Gotama. Nous devons nous estimer heureux de pouvoir étudier celui-ci avant de consulter les récits plus récents ou discuter l'idée plus moderne que ces derniers ont permis de se faire du Bouddha. Le présent recueil des divers épisodes de la vie du Bouddha ne prétend pas avoir épuisé le sujet; il serait toutefois difficile de trouver dans les Ecritures quelque chose à y ajouter. Le texte anglais de ce livre est la traduction que, les premiers, nous avons faite sur les textes palis. A l'auteur revient le mérite de la composition d'un recueil utile et instructif.
Chipstead, Surrey.

C. A. F. RHYS DAVIDS



S o m m a i r e

1- Première partie : années de début

  • Prophétie d'Asita
  • Le triple orgueil

  • 2- Deuxième partie : Discipline et illumination

  • La sublime histoire
  • La noble recherche
  • Victoire sur la peur
  • Obtention de l'illumination
  • Une ancienne voie
  • Départ de la maison pour embrasser la vie religieuse
  • Autobiographie de Gotama
  • 3- Troisième partie : Après l'illumination

  • Le Bouddha goûte la béatitude de la délivrance
  • Le premier sermon et les premiers disciples
  • Histoire de Yasa
  • Les premières zélatrices
  • Nouvelles ordinations
  • Premiers missionnaires et histoire de Mara
  • Ordination du triple refuge
  • Le Bouddha se déclare délivré des chaînes
  • Histoire des trente riches compagnons.
  • Pouvoir magique et Djatilas
  • Le sermon du feu
  • Conversion du roi Bimbisara et des brahmanes du Magadha.
  • Conversion de Saripoutta et de Moggallana
  • Ordination du triple refuge
  • Le Bouddha se déclare délivré des chaînes
  • Histoire des trente riches compagnons. .
  • Pouvoir magique et Djatilas . .
  • Le sermon du feu. .
  • Conversion du roi Bimbisara et des brahmanes du Magadha. .
  • Conversion de Saripoutta et de Moggallana

    4- Quatrième partie : Relations du Bouddha avec ses disciples et avec les autres personnes
  • Ordination de Rahoula .
  • Le luth accordé
  • Retraite pendant la saison des pluies ou Vassa
  • Conseils à propos du Vassa
  • Visite à un moine délaissé
  • L'auxiliaire de l'individu
  • Tissa
  • Institution d'un ordre de religieuses
  • Nakulapitar .
  • Meghiya
  • Sona-Kotikanna .
  • Exhortation.
  • Châteaux de sable
  • Le Bienheureux recherche la solitude.
  • Reproche de cruauté.
  • Mara tente le Bouddha par l'offre du pouvoir du monde.
  • Le Bouddha est critiqué et conseille un nouveau converti.
  • Respect à la doctrine.
  • Le MaUre est l'indicateur du chemin.
  • Dissensions dans la Communauté.
  • Portrait du Bouddha par un brahmane.
  • Conseils à un brahmane.
  • Ananda.
  • ounita, ancien ramasseur de fleurs fanées.
  • Tchoulla Panthaka.

    Cinquième partie : derniers événements de la vie du Bouddha.
  • Consultion du Bienheureux à propos d'une question politique.
  • Le Bienheureux parle de la prospérité dc scs disciples.
  • A propos de tous les Bouddhas.. .
  • Paroles souvent répétées
  • Sermon aux maîtres de maison.
  • Le Bienheureux parle des quatre vérités sublimes.
  • Le Miroir de la V éri té.
  • La courtfsane Ambapali.
  • Le Bienheureux tombe malade et prononce un sublime discours.
  • Le Bouddha décide du moment de son entrée dans le Nibbana
  • Ananda prie le Bouddha de ne pas quitter ce monde.
  • Le Bouddha expose le sommaire de son enseignement.
  • Les quatre grands appels
  • Le Bouddha accepte le repas de Tchounda.
  • Purification d'un cours d'eau
  • Histoires relatives à la méditation
  • Poukkousa fait présent de robes au Bouddha et à Ananda.
  • Le Bienheureux parle de Tchounda.
  • Sous les deux arbres Sala jumeaux.
  • Lieux qu'il faut vénérer.
  • Conduite des moines à l'égard des femmes.
  • Ananda interroge le Bouddha
  • Ananda.
  • Hommages. des Mallas
  • Soubhada
  • Dernières paroles du Bouddha.
  • Le Bouddha entre dans le Parinibbana .
  • Evénements consécutifs à la mort du Bouddha.



  • E.H. Brewster




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