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Toutes
les formes de méditation basées sur les systèmes indiens
visent à libérer la conscience des ses conditionnements afin de
l'amener à une plus grande liberté intérieure. Concernant
la nature de cette liberté et les moyens pour y parvenir, les écoles
divergent grandement, et même si le bouddhisme s'est développé
sur un arrière-plan de religion védique, il s'en est très
rapidement distingué et a même représenté une rupture
avec le passé. A l'intérieur même du bouddhisme les différentes
traditions, si elles s'accordent en général assez bien sur le but
- le nirvana - diffèrent assez largement sur les moyens à mettre
en œuvre pour y parvenir. Nirvana,
l'absence de saisie Nirvana est un mot entré dans le vocabulaire
courant en Occident mais son sens originel a été perdu. Nirvana
signifie "extinction" ; extinction dans le sens d'un feu qu'on
a éteint - le feu des passions, et plus particulièrement, d'entre
toutes, tanha, qu'on traduit par "la soif" ou "la
faim" -. Le nirvana n'est donc pas un "paradis" ou même un
état de conscience particulier à atteindre. Une définition
plus "pragmatique" et moderne du nirvana pourrait être "l'absence
de saisie". La saisie, c'est un poing fermé, crispé, qui cherche
à retenir. Cela décrit une tendance, quasi biologique, que nous
avons à figer les choses, à nous les approprier, à les vouloir
permanentes, dans une tentative - complètement illusoire - que cela nous
apportera la jouissance de sensations de bien-être et de sécurité. Vipassana
et samatha Venons-en maintenant aux méthodes qui conduisent au
nirvana, à la libération. Pour se limiter aux écoles les
plus présentes en Occident disons que l'on trouve trois grands courants
qui correspondent à autant de zones géographiques en Asie. Le premier
est représenté par le bouddhisme tibétain ; on trouve ensuite
le zen, puis le Bouddhisme des Anciens ou Theravada. Il est généralement
admis que ce dernier est resté le plus proche de l'enseignement du Bouddha.
C'est aussi la forme de bouddhisme la plus simple à comprendre et à
pratiquer. Mais, pour des raisons probablement historiques, c'est aussi l'école
la moins répandue en Europe. Cette forme de bouddhisme a cependant le vent
en poupe aujourd'hui, particulièrement à travers sa branche "occidentalisée"
qui s'est imposée sous le nom de méditation vipassana.
Vipassana signifie "voir en profondeur, distinguer clairement,
pénétrer profondément la réalité des choses
…". C'est cela - et uniquement cela - qui libère la conscience. Techniquement
vipassana s'oppose à samatha, la concentration, le calme
mental. Pratiquement samatha et vipassana sont comme les deux ailes
qui permettent à l'oiseau de voler : sans vipassana, la méditation
aboutit à un simple état de bien-être, à une paix profonde,
mais elle ne libère pas des conditionnements et habitudes. A l'inverse,
sans la concentration, vipassana n'a pas la force de pénétrer
à travers les voiles de l'ignorance et de l'illusion. Ces deux aspects
de la méditation bouddhique doivent donc être pratiqués alternativement
ou simultanément. Le système de méditation de cette école
s'appuie sur un texte canonique très répandu : le Satipathana
Sutta, un discours du Bouddha décrivant la pratique de la méditation
à travers les quatre formes de l'attention que sont : l'attention au corps,
l'attention aux sensations, l'attention à l'esprit et l'attention aux formations
mentales (objets de la conscience, phénomènes …). Même
si cette forme de méditation a récemment donné naissance
à un mouvement qui porte son nom, elle n'en est pas moins présente
dans toute forme de méditation bouddhique. Le zen et le bouddhisme tibétain
ont leur propre manière d'implémenter vipassana. Les Tibétains
utilisent par exemple des méditations qui font appel à des visualisations
complexes de formes de bouddhas. Dans le zen coréen le méditant
est invité à poser la question : "Qu'est-ce que c'est ?"
de façon incessante, à la manière d'un koan, qui n'est pas
sans rappeler le "Qui suis-je ?" de Ramana Maharshi et du védanta
hindouiste.
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