| Vipassana
est un terme qui apparaît de plus en plus souvent dans la presse spécialisée
consacrée aux religions et spiritualités. Un certain nombre d'ouvrages,
pour la plupart écrits par des auteurs anglo-saxons, ont popularisé
la pratique vipassana. Le plus connu de ces auteurs est Jack
Kornfield . Sur internet, une recherche sur le mot-clé Vipassana produit
plusieurs milliers de références de pages. Vipassana a fait sont
apparition dans les salons du mieux-être, au même titre que le zen,
et même les idéologies du type New Age commencent à en faire
état ! Mais en Europe, dans les milieux bouddhistes, Vipassana fait le
plus souvent référence à la technique de méditation
enseignée par S. N. Goenka,
un maître indien qui reçut sa formation Vipassana en Birmanie. Vipassana,
une technique de méditation Etymologiquement, Vipassana, un terme
pali , signifie voir en profondeur. Dans les traductions, Vipassana est souvent
rendu par vision profonde, vue pénétrante, vision intuitive. Le
maître Thich Nhat Hanh, le traduit par " regard profond ". Vipassana
est une manière d'appréhender la réalité qui permet
de voir derrière le voile des apparences, de découvrir ce qui est
caché à l'expérience ordinaire. Voir a donc ici un sens bien
particulier, car il ne s'agit pas de vision physique mais plutôt de porter
un regard intérieur sur les choses, de voir au-delà des apparences.
Ce regard intérieur n'est pas spontané; il se cultive. Les techniques
de méditation sont les outils qui permettent de cultiver Vipassana.
Qu'est-ce
qu'une technique de méditation ? Dans le bouddhisme c'est un ensemble
d'instructions et de méthodes conçues pour obtenir la compréhension
de la vraie nature des choses, ou - selon l'expression canonique - pour voir les
choses telles qu'elles sont. Au cours de la pratique, un changement dans la perception
du méditant se manifeste. Perception est à prendre au sens large
: au fil du temps c'est l'ensemble des rapports que le méditant entretien
avec les autres et son environnement qui se modifie. Mais Vipassana ne vise ni
la transformation ni l'amélioration du méditant, car toute idée
d'amélioration projette inévitablement le méditant dans le
futur, et la découverte de la réalité ne peut avoir lieu
que dans l'instant présent. Une transformation se produira inévitablement,
mais elle n'est par recherchée pour elle-même. Samatha
et Vipassana Les techniques de méditation bouddhique ont deux aspects
: Samatha et Vipassana. Samatha est la paix, le calme mental, la tranquillité,
qualités qui sont cultivées pour rassembler le mental. Samatha est
pratiqué sans perte de lucidité. La pratique aboutit à un
état de pleine conscience éveillée et non à un état
d'absorption ou de transe (samadhi), comme dans certaines écoles de yoga.
Concrètement la pratique de Samatha consiste dans l'établissement
de l'attention sur le corps, les sensations, les états mentaux et les dharmas
(phénomènes). L'observation du va et vient du souffle (Anapanasati)
est l'outil privilégié des méditants pour ancrer le pratiquant
dans le présent, mais d'autres supports peuvent être utilisés
comme l'attention aux sensations ou l'attention aux sons. Vipassana
est la composante de la méditation qui permet le surgissement de prajña,
qu'on traduit, faute de mieux, par sagesse. Pour faire comprendre le rôle
respectif de Samatha et Vipassana, le maître ceylanais, Bhante Gunaratana
, utilise l'analogie de la loupe. "Lorsque
les rayons parallèles du soleil tombent sur une feuille de papier, ils
ne feront rien de plus qu'élever sa température. Mais si la même
quantité de lumière, concentrée au moyen d'une loupe, tombe
en un seul point de la feuille de papier, celle-ci s'enflamme. La concentration
(Samatha) joue le rôle de la loupe. Elle produit l'intensité nécessaire
pour voir (Vipassana) dans les couches profondes du mental". Vipassana
est cette faculté qui choisit l'objet sur lequel la loupe va se focaliser
et regarde à travers elle pour étudier ce dont il s'agit. C'est
la connaissance obtenue grâce à Vipassana qui libère. L'art
de méditer consiste donc à équilibrer ces deux aspects. Vipassana
a tendance à déconcentrer l'esprit. Samatha sans Vipassana conduirait
le méditant dans des états d'absorption ou d'extase (dhyana). Ces
états par eux-mêmes sont impuissants à libérer l'esprit
de ses voiles et obstructions. A l'inverse, Vipassana sans Samatha est inefficace,
car l'esprit manque de puissance pour percer à travers le voile des illusions.
La plupart des systèmes de méditation non-bouddhistes, dans le yoga
notamment, insistent sur la composante Samatha (recherche d'états de concentration
ou samadhi). Vipassana est l'apport spécifique du Bouddha aux systèmes
de méditation de l'Inde. Ceci pourrait expliquer pourquoi, dans les pays
d'Asie du Sud-est, on parle de méditation Vipassana quand, pour être
précis, on devrait se référer à samatha / vipassana. Samatha
et Vipassana sont présents dans presque toutes les techniques de méditation
des traditions bouddhiques. Mais chaque tradition les implémente à
sa manière. Par exemple, dans le Zen coréen et le Rinzaï japonais,
Samatha et Vipassana sont pratiqués en se concentrant sur un koan. Dans
une des écoles du Bouddhisme Tibétain, Vipassana surgit de la méditation
analytique. Dans la forme la plus ancienne du bouddhisme, le Theravada, Vipassana
consiste à découvrir la nature non-satisfaisante, changeante et
dénuée d'essence des phénomènes. Ayant réalisé
ces trois caractéristiques de l'existence, le pratiquant atteint le nirvana,
l'extinction de toute soif et la libération de la douleur. Il
y a, disciples, un Royaume sans terre, sans eau, sans feu, sans air. Ce n'est
pas l'espace infini, ni la pensée infinie, ni le néant, ni l'idée
ou l'absence d'idée. Ni ce monde, ni autre chose. Je ne l'appelle
ni une venue, ni un départ, ni une attitude fixe, ni la mort, ni la naissance.
C'est sans progrès, sans station, C'est la fin de la douleur.
Pour qui se cramponne à quelque chose, la chute vient. Mais à
ce qui ne se cramponne pas, nulle chute n'arrive. Où il n'est pas de
chute, est le repos, Et où est le repos, il n'est pas de désir
aiguisé. Là où il n'est pas de désir aiguisé,
rien ne va, ni ne vient. Et où rien ne va ni ne vient, il n'est ni
mort, ni naissance. Où il n'est ni mort, ni naissance, il n'y a pas
non plus ni ce monde, ni cela, ni rien entre. C'est la fin de la douleur.
Il y a, disciples, un non-devenu, non-né, non-cré, non-formé
; S'il n'y avait pas ce non-devenu, non-né, non-créé,
non-formé, Il n'y aurait pas de sortie possible pour ce qui est devenu,
né, créé, et formé ; Mais puisqu'il y a un non-devenu,non-né,
non-créé, non-formé, Ainsi peut s'échapper ce
qui est devenu, né, créé, et formé. LE BOUDDHA Le
sens du terme vipassana s'enrichit. Vipassana, en tant que composante
de la méditation, n'est qu'un aspect de la doctrine bouddhique - le contrepoids
de Samatha. Il en est ainsi depuis le Vème siècle de notre ère
. Or, au cours du XX è siècle, à ce sens premier viennent
s'en ajouter d'autres ; le terme est employé dans un autre contexte. Progressivement,
il sert à décrire la pratique de la méditation elle-même.
Au lieu de parler de la pratique de la méditation bouddhique, on commence
à parler de la pratique de Vipassana, comme si Vipassana englobait tous
les aspects de la pratique bouddhique ! Plus tard encore on parlera des pratiquants
Vipassana, pour finalement englober ceux qui pratiquent cette méthode dans
un mouvement ou une école de méditation qu'on qualifiera également
de Vipassana, le courant vipassana ou le mouvement vipassana. Il est intéressant
de chercher à comprendre comment ce glissement s'est produit. Bref
retour historique. Tout commence en Birmanie et au Sri Lanka à
la fin du XIXe siècle. Ces deux pays vivent alors sous domination coloniale
anglaise. Les membres des classes moyennes subissent l'influence du colonisateur
dans les domaines des sciences, des technologies et de la religion. En raison
de la supériorité, sur le plan économique et technologique,
des Occidentaux, les missionnaires protestants sont convaincus de leur supériorité
culturelle et religieuse. Ils déconsidèrent le bouddhisme qu'ils
traitent de paganisme, rabaissant la foi bouddhique à des croyances superstitieuses
et à un culte idolâtre (peut-être non sans raison !). D'un
côté les classes moyennes sont séduites par le savoir-faire
est les prouesses technologiques de l'Occident, de l'autre elles en supportent
mal l'impérialisme politique, religieux et culturel. A partir de ce moment
s'ouvre la voie pour l'élaboration d'un contre modèle. Naissance
de mouvements réformateurs modernes. C'est ainsi que des mouvements
nationalistes voient le jour, qui se concrétisent par la création
de courants réformateurs modernes, ayant bien sûr des visées
politiques, notamment celle d'obtenir l'indépendance, mais pas seulement.
Une partie de ses adhérents cherche à trouver des bases bouddhiques,
canoniques, sur lesquelles construire une société plus moderne.
Des intellectuels, moines ou laïques, hommes et femmes, essaient de dégager
ce qui pour eux constitue la base, l'essence même de l'enseignement du bouddha.
Probablement influencés par le modernisme et le protestantisme occidental,
ils cherchent à sortir des aspects purement religieux du culte bouddhique
pour mettre en valeur ses aspects rationnels et, selon eux, scientifiques. Fait
nouveau, les moines n'ont plus le leadership exclusif. Pour la première
fois ils partagent leur rôle de détenteur du savoir avec des laïques. Qu'est-ce
que les pionniers de ce courant moderne mettent en lumière ? Des textes
classiques, ils "excavent" - entre autres - une façon de méditer
qui met l'accent sur ce qu'on devrait appeler le "satipatthana", c'est-à-dire
"les quatre fondements de l'attention", mais qu'ils nomment, comme nous
l'avons vu, Vipassana, un terme que le Bouddha n'aurait peut-être lui-même
jamais employé. La pratique est décrite comme une technique, une
méthode scientifique, conçue pour appréhender la vraie nature
des choses. L'Occident a prouvé sa supériorité incontestable
dans le domaine des choses extérieures ; l'ambition des propagateurs de
vipassana va être de montrer que leur méthode est la méthode
scientifique par excellence pour connaître et maîtriser les choses
intérieures. La
pratique Vipassana se répand parmi les moines, mais aussi parmi les laïques,
hommes et femmes. Beaucoup adhèrent à cette nouvelle interprétation
de la pratique du bouddhisme, tant est si bien qu'on assiste véritablement
à un renouveau bouddhique, renouveau qui va s'exporter hors des frontières,
notamment en Thaïlande, puis dans les autres pays d'Asie du Sud-est, et aujourd'hui
en Occident. Les
grandes figures du renouveau bouddhique Il est difficile de mesurer aujourd'hui
quelle a été l'ampleur de cette renaissance bouddhique. Ce qui est
certain, c'est qu'un certain nombre de leaders se sont imposés en créant
des lignées de pratique et d'enseignements qu'on retrouve (pour la plupart)
en Occident aujourd'hui. Ces grandes figures ont pour nom Mahasi Sayadaw et U
Ba Khin en Birmanie, Ajahn Chah et Ajahn Buddhadasa en Thaïlande. Tous ont
aujourd'hui quitté notre monde mais ils ont laissé des disciples
qui continuent leur travail aussi bien en Asie du Sud et du Sud-Est qu'en Occident.
Sayagyi U Ba Khin et S.N. Goenka
| Le
plus connu de ces successeurs en Occident est certainement le maître indien
S.N. Goenka,
(photo ci contre), disciple direct de Sayagyi U Ba Khin (1899-1971). U
Ba Khin était un haut fonctionnaire qui, à l'indépendance,
fut nommé ministre des finances. | | Il
est connu pour avoir introduit la méditation vipassana au sein des services
de son ministère ; il demandait à ses subordonnés de pratiquer
une demi-heure avant de se mettre au travail. Ce qui semble presque banal aujourd'hui
était révolutionnaire à l'époque ! Il faut en effet
savoir que pendant près de 2500 ans la méditation était la
prérogative des moines et elle n'était pratiquée que dans
les monastères. | U
Ba Khin eut plusieurs disciples occidentaux, mais c'est surtout son disciple indien,
un industriel de Bombay, S.N. Goenka, qui fit beaucoup pour répandre le
vipassana, d'abord en Inde, puis dans la majorité des pays occidentaux.
Dans les années 70-80, un voyage en Asie devait presque obligatoirement
inclure la participation à l'un de ces très fameux cours intensifs
de 10 jours. Des dizaines de milliers d'Occidentaux ont participé à
ces sessions. Aujourd'hui le mouvement revendique 108 centres de pratique à
travers le monde et les cours de 10 jours sont enseignés dans une centaine
de nations du monde. La France héberge un centre européen à
Louesme, près d'Auxerre, qui affiche complet toute l'année.
Mahasi Sayadaw
| La
réputation de l'enseignement du moine Mahasi Sayadaw (1904-1982)
a très vite franchi les frontières de la Birmanie pour se répandre
en Thaïlande, et au Sri Lanka. Aujourd'hui son rayonnement a atteint l'Occident.
| | La
tradition qu'il a fondée est surtout connue pour la précision de
ses méthodes et la grande rigueur avec laquelle elles sont appliquées.
Il avait une foi infaillible dans la technique, sa technique. Selon lui, quiconque
la suivait ne pouvait manquer de parvenir rapidement à l'éveil. |
Il ne faisait aucune différence entre moines et laïques,
hommes ou femmes. Son centre de Rangoon accueille aujourd'hui encore des milliers
de pratiquants venant de monde entier. La méthode Mahasi s'est rapidement
exportée. Mais à la différence du courant Goenka / U Ba Khin,
elle reste enracinée dans la voie monastique, tout en étant très
largement ouverte à la pratique laïque. l'Anagarika
Munindra
Ses
disciples asiatiques les plus connus sont l'Anagarika Munindra (photo ci-contre)
et Dipama en Inde, les moines U
Pandita et U Janaka en Birmanie. Joseph
Goldstein, fondateur de l'Insight Meditation Society dans le Massachusetts,
en est le représentant américain le plus connu. |
| Lui-même
a formé un nombre impressionnant d'enseignants qui conduisent des retraites
vipassana dans la plupart des pays occidentaux, et jusqu'en Birmanie ! L'un de
ces enseignants est Fred von Allmen, fondateur du rayonnant centre de méditation
de Beatenberg, en Suisse. |
Le Vénérable Ajahn Chah
| Du
côté de la Thaïlande, Ajahn Chah (1918-1982) est de loin
la figure la plus charismatique du bouddhisme rénové. |
| Il
fonda de nombreux monastères dans la forêt et insista sur l'importance
pour les moines de garder des vœux monastiques purs. |
Ajahn Chah opéra un retour au bouddhisme primitif en remettant à
l'honneur la discipline monastique et une ascèse stricte. Il insistait
sur la grande valeur de la vie communautaire pour parfaire la pratique des moines.
Pour lui, il ne devait y avoir aucune séparation entre la pratique dans
le temple et les activités de la vie quotidienne. Sa tradition est appelée
la tradition des moines de la forêt. Il encourageait ses moines à
se rendre seul dans les forêts infestées de serpents et de tigres
pour y méditer au pied d'un arbre et surmonter ainsi la peur et l'attachement.
Ajahn Chah accueillait volontiers tous les Occidentaux qui acceptaient de
se plier aux règles strictes qu'il avait établies. Mais il refusait
tout accommodement et toute faveur à leur égard. Ajahn
Sumedho | Ajahn
Sumedho est le premier Occidental à avoir occupé la charge d'abbé
d'un monastère en Asie. En 1977 il accompagna Ajahn Chah en Angleterre
et en 1979 il fut nommé Abbé du monastère de Chithurst, dans
le Sussex. | | Il
dirige aujourd'hui une organisation monastique qui s'étend de l'Angleterre
à l'Australie en passant par la Suisse, l'Italie et les Etats-Unis. Partout
les laïcs sont bienvenus et peuvent participer toute l'année à
des sessions vipassana conduites par les nombreux moines et nonnes qu'il a formé.
|
Jack Kornfield
est le deuxième disciple occidental formé par Ajahn Chah qui a énormément
contribué à répandre la vision du maître et la pratique
vipassana en Occident. A l'inverse d'Ajahn Sumedho Jack est retourné
à la vie laïque. Il a fondé et dirige aujourd'hui le très
renommé centre vipassana de Spirit Rock en Californie. Ses écrits
figurent parmi les best-sellers sur les listes des ventes d'ouvrages bouddhistes.
Ajahn Buddhadasa
Ajahn
Buddhadasa (1906-1993) jouit en Thaïlande d'une réputation
qui égale certainement celle d'Ajahn Chah. Il est connu pour ses positions
très tranchées concernant la doctrine originelle du Bouddha et la
pureté de la pratique du Dharma. | | Comme
Ajahn Chah il prônait un retour aux sources et était très
critique des institutions monastiques thaïlandaises de son temps. Il ne se
privait pas de dénoncer le laxisme général dans lequel était
tombé le bouddhisme de son pays. |
C'était un auteur prolifique, un organisateur et un réformateur
talentueux, presque un révolutionnaire. Son extraordinaire curiosité
et sa soif de connaissances l'on poussé à lire les écrits
des philosophes occidentaux et des grandes figures du christianisme. Son intérêt
pour le zen et les autres traditions bouddhistes fait de lui un des précurseurs
des temps modernes et un pionnier de l'étude comparative des religions.
Il était très préoccupé par l'action de l'homme sur
son environnement et les dégradations que le consumérisme moderne
fait subir à la nature. Encore aujourd'hui il est cité comme l'un
des initiateurs du bouddhisme engagé et du mouvement de protection de la
nature. Lui aussi accueillait volontiers les chercheurs occidentaux, mais
il n'exigeait pas d'eux qu'ils rentrent dans le système monastique en vigueur
dans son entourage. Christopher Titmuss
| Christopher
Titmuss, co-fondateur du centre vipassana de Gaia House, en Angleterre, est
l'un de ses disciples occidentaux qui ont le plus contribué à faire
connaître la pensée de Buddhadasa. | | Christopher
est aujourd'hui très engagé dans le mouvement écologique
et alternatif et continue à guider des retraites vipassana en Occident
et en Inde. Il participe chaque année au Dharma Yatra organisé dans
le sud de la France. Lire un
article de Christopher | Vous
pouvez le rencontrer chaque année en France en participant au fameux Dharma
Yatra (randonnée - pèlerinage pour la paix) organisé
chaque année au mois de juillet par Martin
Aylward du centre vipassana de Tapovan, nouvellement installé en Dordogne.
Larry Rosenberg Un autre disciple occidental d'Ajahn Buddhadasa
est Larry Rosenberg, fondateur et directeur du centre
vipassana de Cambridge, Massachussetts, et l'auteur de Vivre
à la lumière de la mort. Thich Nhat Hanh et
le Village des Pruniers | |
| Thich
Nhat Hanh place vipassana au cœur de son enseignement.
Certains s'étonneront qu'on puisse inclure le moine zen vietnamien Thich
Nhat Hanh parmi les grandes figures du vipassana. Voici un texte qu'il a écrit
qui en dira plus que de longs discours : |
Tout
comme l'oiseau a deux ailes La méditation a samatha et vipassana.
Comme deux ailes battent à l'unisson, Samatha et vipassana vont ensemble. Samatha
c'est s'arrêter, Reconnaître, se mettre en contact, Se nourrir,
guérir S'apaiser et se concentrer. Vipassana,
c'est regarder profondément Dans la nature des cinq skandhas
Afin de faire naître la vision profonde Qui transforme toute souffrance. La
respiration et la marche attentive Génèrent l'énergie
de la Pleine Conscience Qui nous permet de reconnaître les merveilles
de la vie Et nous met en contact avec elles. Apportant
la détente et le calme, Cette énergie nourrit et guérit
le corps et l'esprit, Protège les six organes sensoriels, Et maintient
la concentration juste. Le
regard profond dans la réalité Aide à voir la nature
propre des choses, Et à lâcher prise De toute poursuite
et de toute peur. S'établir
paisiblement dans le moment présent Permet de transformer les énergies
d'habitude, De faire jaillir la vision profonde Et de se libérer
de toute affliction. Très
jeune, Thich Nhat Hanh éprouve
le besoin de rénover le bouddhisme de son pays. Dans son enseignement,
il n'hésite pas à sortir de la tradition zen de son monastère
pour puiser dans le Theravada des éléments qui vont servir ses desseins
réformateurs. C'est ainsi qu'il a remet à l'honneur la pratique
du satipatthana d'où est issue la méditation Samatha / Vipassana.
Thich Nhat Hanh est aujourd'hui la personnalité du bouddhisme bénéficiant
de la plus grande notoriété dans le monde, après le Dalaï
Lama. C'est pourquoi son choix de revenir à une pratique dé-ritualisée,
accessible à tous, est d'une grande signification pour le bouddhisme moderne. En
conclusion Je laisserai le soin de conclure cet exposé à
Stephen Batchelor , un écrivain
et un enseignant qui conduit régulièrement des sessions vipassana
à Paris, avec sa femme Martine.
Le texte qui suit est la transcription d'une causerie donnée dans le cadre
d'une des ces sessions.
Vipassana
est un terme qu'on utilise aujourd'hui de façon beaucoup plus large que
dans sa définition originelle. Je trouve personnellement que ce mouvement
me convient bien, car il donne une certaine liberté. Son manque d'orthodoxie,
son absence de dogmatisme sont pour moi très rafraîchissants. Cela
donne une certaine ouverture aux possibilités d'ancrer la pratique personnelle
dans une façon de penser libérale, ouverte à toutes les traditions
religieuses et culturelles du monde, et pas seulement au bouddhisme. Mais c'est
très difficile de savoir comment ce mouvement va évoluer. Personne
ne le sait. C'est une pratique qui se déroule dans une ambiance assez expérimentale,
et ça aussi est assez engageant, stimulant, excitant, L'accent est toujours
mis sur la qualité de chaque moment de l'expérience, on revient
toujours à ça, à ce qu'on expérimente dans l'ici et
maintenant.
Lire
également :
Vipassana
: Une pratique de méditation ou une tradition ? par
Gil Fronsdal
Qu'est-ce
que Vipassana ? par Stephen
Batchelor
Méditer
au quotidien, de Bhante
Henepola Gunaratana
|