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Le
bouddhisme est souvent confondu avec l'hindouisme avec lequel il partage
deux éléments importants de doctrine : le karma (la loi
de cause à effet) et la doctrine des renaissances, appelée
réincarnation dans l'hindouisme. Si, comme l'hindouisme, le bouddhisme
a vu le jour sur le sol indien, il s'est rapidement exporté dans
la quasi-totalité des pays asiatiques, pour finalement presque
disparaître de l'Inde. On dénombre aujourd'hui environ 1%
de bouddhistes en Inde.
LE BOUDDHISME THERAVADA
Fondé par le Bouddha (l'Eveillé) cinq siècles avant
notre ère, le Dharma (l'enseignement) s'est rapidement répandu
d'abord au Sri Lanka, en Birmanie, en Thaïlande, au Laos, au Cambodge,
en Malaisie, à Singapour et jusqu'au Vietnam, pour former le Bouddhisme
Theravada (la Doctrine des Anciens ou encore Bouddhisme Pali). Les Theravadin
prétendent être restés plus proches de l'enseignement
originel du Bouddha. Ses moines sont reconnaissables à la robe
safran ou ocre qu'ils portent.
LE BOUDDHISME MAHAYANA
Plus tard, le Dharma s'est étendu vers le Nord en direction de
la Chine, de la Corée, du Vietnam, du Japon, puis au Tibet. Cette
forme de bouddhisme s'est appelée Mahayana, qui signifie "Grand
Véhicule", parce que les laïcs sont encouragés
à jouer un rôle important, au contraire du bouddhisme Théravada
qui est un bouddhisme essentiellement monastique, soutenu par laïcs.
LE BOUDDHISME TIBETAIN
Le bouddhisme, partout où il se répandait, plutôt
que d'essayer d'extirper la religion ou les croyances qu'il trouvait sur
place, chercha à les incorporer. C'est ainsi qu'au Tibet le Bouddhisme
Mahayana donna naissance au tantrisme, qu'on appelle encore Vajrayana
(la Voie du Diamant).
Le Bouddhisme Tibétain devait par la suite étendre son influence
à ses pays limitrophes : Mongolie, Sikkim, Bhutan, Népal.
Il se développa par étape, donnant naissance à quatre
grandes écoles de pratique : Nyingmapa, Sakyapa, Kagyupa et Guélugpa.
Le Dalaï Lama n'est que le leader de l'école Guélugpa,
dont les moines portent, les jours de cérémonie, une coiffe
jaune. Mais, étant également le chef temporel du Tibet,
il est de par ce fait reconnu comme le chef spirituel de tous les Tibétains,
les domaines spirituel et temporel n'étant au Tibet pas séparés.
ZEN ET AMIDISME
En Chine et au Japon, mais aussi en Corée et au Vietnam, le Bouddhisme
Mahayana prit de nombreuses formes. Les écoles les plus anciennes,
Shingon (ésotérisme tantrique) Kegon et Tendaï (écoles
plutôt philosophiques), attirèrent les classes aisées,
alors que les écoles Jodo et Nichiren s'implantèrent (plus
tard) dans le peuple. Quant au Zen, émanation du Ch'an chinois,
il s'est toujours situé un peu à part, intégrant
des éléments taoïstes, et insistant sur la primauté
de l'expérience sur l'étude, la tradition et les rites.
Aujourd'hui le Jodo et le Nichiren sont largement majoritaires au Japon.
Le Jodo (l'école de la Terre Pure), encore appelé Amidisme,
prône la libération par la seule foi du disciple dans le
Bouddha, les autres pratiques étant considérées trop
difficiles en cette ère dégénérée.
Quant à l'école de Nichiren, on hésite à la
considérer encore comme une école bouddhique, sa doctrine
s'étant considérablement éloignée du message
originel du Bouddha. Cette remarque vaut encore plus pour le mouvement
laïc de la Soka Gakkaï qui en est issu.
TRANSMISSION A L'OCCIDENT
Dans son livre The Awakening of the West : The encounter of Buddhism
and Western culture, Stephen
Batchelor distingue cinq attitudes occidentales face au bouddhisme,
attitudes qui se sont succédées au cours de la rencontre
progressive entre les deux traditions/civilisations :
1-
l'indifférence aveugle,
2- le rejet arrogant,
3- la connaissance rationnelle,
4- le rêve romantique,
5- enfin l'engagement existentiel.
C'est à ce dernier stade que
nous sommes arrivés aujourd'hui. En effet le bouddhisme a quitté
son berceau traditionnel pour se répandre en Amérique, en
Europe, et jusqu'en Australie. Mais les écoles sont très
inégalement représentées. Trois grands courants émergent
: le bouddhisme Tibétain, le zen et le vipassana.
Ce dernier, issu du Theravada, a longtemps été représenté
en France exclusivement à travers S.N.
Goenka. Mais d'autres courants émergent aujourd'hui.
Le Bouddhisme Tibétain séduit l'Occident par son côté
mystique et rituel haut en couleurs, certainement aussi par le côté
à la fois "bon enfant" et rayonnant de ses lamas, et
évidemment par le charisme du très médiatique Dalaï
Lama. Dans le Zen, c'est au contraire le grand dépouillement qui
attire, et le fait qu'on mette l'accent sur l'expérience directe
de la réalité. Le zen en France est dominé par la
forte présence de Maître Deshimaru et l'organisation qu'il
a fondée : L'association
Zen Internationale. Mais d'autres formes de zen sont apparues ces
dernières années : signalons au moins la communauté
du Village des Pruniers et son chef spirituel, le vénérable
Thich Nhat Hanh.
Quant à la pratique Vipassana,
elle constitue pour beaucoup une bonne introduction au bouddhisme, satisfaisant
à la fois le besoin rationnel du pratiquant et, comme dans le Zen,
sa soif d'expérience directe.
LE DALAÏ LAMA
Le très charismatique et actif Tenzin Gyatso, le 14ème Dalaï
Lama, Prix Nobel de la Paix 1989, a beaucoup contribué à
faire connaître le bouddhisme en Occident, ce qui fait qu'aux yeux
du public occidental, il est devenu une sorte de " Pape " des
bouddhistes. Or il n'existe aucune Eglise bouddhique, ni aucune organisation
qui regrouperait les nombreuses traditions bouddhiques. Il en est ainsi
depuis 2500 ans et il semble qu'il en sera encore longtemps ainsi.
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