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Bernard
Borgeaud, 51 ans, professeur de taï-chi et de méthode Alexander,
centre de méditation Mahatayana, Genève:
"La méditation, c'est pour moi un chemin spirituel. Il ne
s'agit pas de se retirer du monde mais au contraire de vivre tous les
aspects de la vie. Cela me fait progresser dans la connaissance de moi-même
à travers les situations que je rencontre. Et je me rends de plus
en plus compte que ce que je vis, je le choisis.
Je
pratique la méditation depuis de nombreuses années. Avant,
je voulais devenir curé. Je suis attiré par le spirituel
depuis l'âge de 10 ans. Je suis né dans un milieu très
chrétien. J'ai évolué et ressenti le besoin de vivre
quelque chose de plus ancré dans la vie, de plus incarné.
Un type de spiritualité où la personne est prise dans son
ensemble, tant au niveau physique et émotionnel qu'au niveau mental.
La
méditation me permet de vivre ma condition d'homme incarné.
C'est le sel de ma vie, elle lui donne un sens, et m'offre une grille
de lecture du monde. C'est la poutre faîtière de ma maison.
Je ne me définis pas comme chrétien ou bouddhiste. Je parlerais
plutôt d'une relation au divin.
La
méditation m'a changé, bien sûr. Elle me permet de
ne pas être dans l'excitation du monde tout en restant ouvert. Je
peux ainsi me retirer en moi pour ne pas réagir tout le temps.
Ce qui me donne plus de liberté. C'est valable également
dans mon rapport avec moi-même."
Laurent Schoulepnikoff, 36 ans, physicien, dojo zen de Lausanne:
"J'ai commencé à pratiquer à 20 ans et depuis
j'ai poursuivi de façon régulière. A l'époque,
j'avais lu un ouvrage sur le bouddhisme et j'ai trouvé cette approche
très intéressante. J'ai été frappé
par son aspect très psychanalytique, cela .touche vraiment le fonctionnement
du cerveau. Par ailleurs, dans la méditation, on considère
que la théorie c'est bien mais que la pratique est indispensable.
Et, c'est vrai, je médite tous les jours.
Je pense que cela m'a changé, très progressivement. Au niveau
du quotidien je constate un effet très net. Lorsque je pratique
le matin, je suis dans de bonnes dispositions pour la journée.
Je suis plus concentré, plus attentif, plus ouvert. Cela se manifeste
dans tous les aspects de la vie, que ce soit pour cuisiner ou pour résoudre
un problème intellectuel. Cela m'apporte vraiment un plus.
Je ne me sens pas du tout mis à part en raison de cette pratique
et certainement pas dans le milieu scientifique. Au contraire beaucoup
de mes collègues sont intéressés.
La méditation se marie très bien avec la vie moderne occidentale.
La forme que je pratique est sans objet, elle est complètement
ouverte, absolument pas dogmatique. Elle me permet de tendre vers plus
de souplesse, d'adaptabilité, d'efficacité."
Chantal
Baiettini, 58 ans, secrétaire, dojo Sansui à Clarens (VD):
"J'ai découvert le zen il y a 16 ans, en regardant une émission
à la télévision. Je vivais alors une grande souffrance,
et j'ai réalisé qu'en pratiquant zazen (la pratique du zen,
par la méditation assise) je pourrais retrouver une certaine sérénité.
J'ai commencé à pratiquer régulièrement, puis
j'ai été ordonnée nonne en 1991. Zazen est une discipline
exigeante, qui s'exerce assis face au mur et dans une immobilité
totale. Par la méditation, on atteint un état de conscience
qui nous permet de toucher à notre nature originelle, là
où tout va bien. Contrairement à ce que l'on imagine, le
zen ne consiste pas à abolir les sentiments mais à les ressentir
de manière moins égotiste puisque la conscience peut s'ouvrir
à l'universel. Aujourd'hui, ma conscience est élargie, les
choses m'apparaissent plus légères et donc la vie est plus
facile. Chaque respiration permet de vivre l'instant présent avec
plénitude."
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