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Méditer développerait le cerveau - par Marie-Christine Petit-Pierre |
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Des
chercheurs de l'Université de Madison, dans le Wisconsin, ont étudié
l'activité cérébrale de huit adeptes de la méditation.
Leur étude tend à prouver que ce type de pratique produit
des modifications durables.
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Ils
sont huit, huit pratiquants bouddhistes qui totalisent chacun de 10000
à 50000 heures de méditation, des "atlètes”
dans leur discipline. ils se sont rendus d'Asie ou d'Europe à Madison,
dans le Wisconsin, pour participer à une étude sur les effets
de la méditation sur le cerveau. Les résultats publiés
aujourd'hui dans les Comptes-rendus de l'Académie des sciences
(PNAS) aux Etats-Unis, justifient amplement le déplacement. Les
chercheurs de l'Université de Madison ont montré, pour la
première fois, que la méditation pourrait induire des modifications
cérébrales durables chez les pratiquants expérimentés.
Décryptage. "Immaginons
le cerveau comme un orchestre de jazz où chaque musicien joue d'un
instrument différent pour aboutir à un morceau cohérent",
propose Antoine Lutz, docteur en neurosciences cognitives, responsable
de la recherche. L'augmentation exceptionnelle des rythmes gamma dans le cortex frontal, observée chez les méditants expérimentés, indique que ces régions jouent un rôle important dans la génération de cet état. "Ce n'est pas surprenant, puisque ces régions sous-tendent des fonctions mentales complexes, comme la pensée abstraite, la capacité d'apprentissage mais aussi les actions volontaires”, commente Antoine Lutz. Mais ce n'est pas la seule zone concernée, l'étude montre une activation d'un grand nombre de régions et notamment des aires pariétales. Suggérant ainsi une synchronisation à longue distance entre ces zones. La méditation générerait donc une forte coordination entre plusieurs régions du cerveau. Nous
pensons que le degré de synchronisation reflète l'entraînement
des sujets, relève Antoine Lutz. Cette cohérence de l'activité
cérébrale repose probablement sur une réorganisation
des connexions cérébrales. Par ailleurs, la corrélation
chez les pratiquants entre le taux élevé des ondes gamma
avant la méditation et le nombre d'heures de pratique suggère
un effet à long tenne de la méditation sur le cerveau. Nous
avons aussi constaté une augmentation des ondes gamma après
la méditation. Cela implique un impact à court terme sur
la dynamique cérébrale.” Les méditants ont utilisé, pour cette partie de l'étude, une technique dite de compassion universelle et d'amour inconditionnel. Mais les volets suivants de l'étude, à paraître, feront état d'autres types de méditation (visualisation, concentration et présence ouverte). Les chercheurs utiliseront également l'imagerie par résonance magnétique nucléaire fonctionnelle (IRMF) permettant de mieux localiser anatomiquement les régions stimulées. Un feuilleton scientifique passionnant va donc se poursuivre au fil de leur analyse. Ces
premiers résultats ouvrent déjà des perspectives
d'application dans des domaines comme les problèmes de déficit
d'attention, d'anxiété et pourquoi pas du vieillissement
neuronal. |