Accueil   Activités   Intervenants   Textes   Bibliographie   Ressources   Liens   Association   Plan du site




Association Terre d' Eveil  Retour à la page d'accueil  Méditation Vipassana à Paris

Textes Choisis

Tout conflit peut se transformer en un dialogue paisible - par Marshall Rosenberg

Et si la paix des hommes reposait sur le langage? Apôtre de la communication non violente ou CNV, Marshall Rosenberg explique que pour être écouté, il faut d'abord apprendre à exprimer ses vrais besoins. Cet article est paru dans le numéro 181 du magazine Psychologies (Décembre 1999).

Quarante ans après avoir développé aux Etats-Unis le processus de communication non-violente, Marshall Rosenberg est enfin publié en France. Dans "Les mots sont des fenêtres ou bien ils sont des murs" (Syros), il expose les principes de la "résolution pacifique des conflits" qu'il enseigne dans une trentaine de pays.

Sa théorie:

"Les jugements que nous portons sur les autres sont l'expression tragique de nos besoins non satisfaits."

C'est en prenant le temps de les écouter et de les formuler que notre interlocuteur pourra identifier le message et y répondre à son tour.

Psychologies : Qu'est-ce que la communication non violente ?

Marshall Rosenberg : ce processus permet à chacun d'entrer en contact avec ses besoins profonds pour mieux communiquer' en laissant libre cours à sa bienveillance naturelle. Son but: transformer les conflits potentiels en dialogues paisibles, et désamorcer les disputes. Son outil: le langage du cœur.

Psychologies : Comment parler ce "langage du cœur" ?

Marshall Rosenberg : Il y a quatre points simples mais essentiels à suivre.

D'abord, j'observe ce qui se passe réellement dans une situation donnée: qu'est-ce qui, dans les paroles ou les actes de mon interlocuteur, contribue à mon bien(mal) -être?

Ensuite, j'exprime ce que je ressens en présence de ces faits : suis-je triste, joyeux, inquiet, fâché?

Puis je précise les besoins à l'origine de ces sentiments. Ainsi, la mère d'un adolescent pourrait-elle exprimer ces trois points en disant à son fils: "Lorsque tu laisses tes vêtements dans le salon au lieu de les emporter [observation], je suis de mauvaise humeur [expression] car j'ai besoin de plus d'ordre dans les pièces que nous partageons [besoin précisé]."

Dernière composante : une demande précise et concrète. "Pourrais-tu s'il te plaît prendre tes affaires et les mettre dans ta chambre."

En utilisant ces quatre points et en aidant l'autre à faire de même, nous établissons un courant de communication qui débouche naturellement sur la bienveillance. Et cela, aussi bien dans son couple ou avec ses enfants qu'au travail. Chaque année, nous formons des policiers, des enseignants, des infirmières. Mais aussi des militants pour la paix, dans des régions touchées par la guerre comme le Rwanda, l'Irlande, la Paslestine ou Israël.

Psychologies : Un exemple?

Marshall Rosenberg : Un jour, je présentais ma méthode devant cent soixante-dix musulmans palestiniens réunis dans un camp de réfugiés, à Bethléem. Une rumeur a parcouru l'assistance qui s'est mise à m'insulter: "Ils disent que vous êtes un Américain, donc un tueur d'enfants", m'a expliqué mon interprète. Je savais que les réfugiés en voulaient aux Etats- Unis qui fournissaient des armes à Israël. Je me suis adressé à celui qui venait de me traiter d'assassin:

"Vous êtes en colère, car vous aimeriez que mon pays utilise ses ressources autrement? Vous aimeriez que l'on vous aide à améliorer vos conditions de vie? "

"Exactement, m'a-t-il rétorqué. Vos enfants vont-ils à récole? Ont-ils des terrains de jeu? Parce que le mien, lorsqu'il joue, c'est dans les égouts! "

Mon interlocuteur a exprimé sa souffrance pendant vingt minutes. Cherchant à repérer les sentiments et les besoins implicites dans chacune de ses déclarations, je me suis contenté de recevoir ses paroles. Non comme des attaques, mais comme le don d'un semblable qui cherche à faire partager ses rancœurs et son sentiment de vulnérabilité. Il s'est senti compris, respecté, écouté et a été à même de m'écouter, à son tour, exposer les raisons de ma visite: les bienfaits de la CNV.

Psychologies : Pourquoi cette démarche?

Marshall Rosenberg : Je me suis interrogé très tôt sur la nature humaine. Enfant j'ai vécu à Détroit dans le Michigan. Le racisme y était très vif. A récole, mon nom de famille m'a valu insultes et coups. Plus tard, persuadé que la nature profonde de l'homme le conduit à donner et à recevoir dans un esprit de bienveillance, je me suis posé deux questions: pourquoi nous coupons-nous de notre bonté naturelle au point d'adopter des comportements agressifs? Comment inversement, certains individus parviennent-ils à rester en contact avec elle, même dans les pires situations? J'ai cherché des réponses dans les textes religieux. Puis j'ai étudié la psychologie.

Si vous souhaitez vous informer sur la CNV : http://www.nvc-europe.org/france/


Marshall Rosenberg

Docteur en psychologie clinique, ancien élève de Carl Rogers, directeur de la formation du Center for Nonviolent Communication, à Sherman au Texas, il anime, à travers le monde, de nombreux séminaires ouverts au grand public et aux organisations privées.


Retour à la page précédente
Retour


Accueil |  Activités | IntervenantsAdhérer | Textes | Bibliographie | CD audios | Album photo | Liens |