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Textes
Choisis |
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La splendeur du mendiant |
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Conte
soufi du Moyen Age, raconté par Mohammed Taleb. Le Monde des Religions
- Janvier / Février 2005
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Un
ascète en guenilles s'introduit un jour dans le palais du calife
de Bagdad et, profitant de l'absence de celui-ci, s'installe sur son trône.
Abasourdis par l'outrecuidance du mendiant, les gardes appellent en hâte
le secrétaire du palais. Ce dernier arrive pour constater l'outrage,
et interpelle l'irrespectueux : - "Oui, je sais, répond l'ascète. Et je suis au-dessus de lui !" Les
gardes se rapprochent de l'inconscient, attendent un ordre du secrétaire.
Hors de lui, celui-ci poursuit: - "Oui, rétorque l'homme. Je sais, et je suis au-dessus de lui !" Cette fois, les gardes lèvent leurs gourdins, prêts à intervenir. Par un geste de la main, le secrétaire leur intime l'ordre de patienter. Juché sur le trône, l'ascète observe tranquillement la scène. Le visage rouge de colère, le secrétaire tonne: "Au-dessus du prophète Mohamed, que la paix soit sur lui, il n'y a que Dieu. Que dis-tu maintenant, mendiant? " -
"Je sais, répond celui-ci sans se départir de
son flegme. Et je suis au-dessus de lui ! " "Mendiant, il n'y a rien au-dessus de Dieu ! " - " Oui, je sais, répond l'ascète. Et justement, je ne suis rien." |