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Bouddhisme et psychologie, une hybridation originale... - par Achille Weinberg |
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Cet
article est paru dans la revue "Sciences Humaines" (revue de
référence de vulgarisation scientique) de juin-Juillet 2006.
Ce n'est pas tant le contenu de l'article qui est intéressant que
le fait que des scientifiques commencent (enfin !) à jeter des
ponts entre les techniques millènaires de pratique du yoga et de
méditation venues d'Orient et la psychologie occidentale et les
neurosciences.
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A PRIORI, RIEN NE PRÉDESTINAIT À UN CROISEMENT ENTRE LE BOUDDHISME (né il y a 2500 ans dans le Nord de l'Inde) et certains développements des neurosciences ou de la thérapie cognitive, nées en Occident à la fin du xxe siècle. Pourtant l'hybridation est en train de se réaliser par des canaux assez déroutants. Alors qu'ils mettaient au point une technique thérapeutique destinée à lutter contre la dépression, trois chercheurs en thérapie cognitive (Z.V. Zegal, J.M.G. Williams, J.-D. Teasdale) découvrent qu'une technique de méditation issue du bouddhisme - la pleine conscience - procure de réels bénéfices chez des patients dépressifs. La méditation bouddhiste vise à prendre conscience que la source de ses souffrances provient non pas de causes extérieures, mais des mouvements de son esprit. Les exercices de pleine conscience sont d'abord centrés sur le dépistage de ses propres mécanismes de pensée et des émotions associées, puis sur la recherche d'un état de conscience où l'individu se défait des pensées qui l'assaillent en focalisant son attention sur le présent. Cette forme de méditation montre, au dire des auteurs, une certaine> efficacité dans le traitement de la dépression ou, plus exactement, dans la prévention des rechutes chez des personnes ayant déjà connu des épisodes dépressifs. La seconde voie d'hybridation entre bouddhisme et psychologie contemporaine est plus inattendue, En novembre 2005, la conférence annuelle de la Société de neurosciences était introduite par un discours du... Dalaï-Lama. Surprenant mélange? Voilà pourtant longtemps que le chef spirituel du bouddhisme tibétain, dont l'organisation Mind and Life est très active dans le soutien aux recherches en neurosciences, s'intéresse à cette discipline. Les. neuroscientifiques, eux, s'intéressent à la méditation bouddhiste en tant que voie d'exploration de la conscience. Francisco Varela fut l'un des premiers. Dans un entretien au magazine Sciences Humaines (n° 31, septembre 19931). il nous confiait avoir créé un pont entre neurosciences, phénoménologie et bouddhisme : "Bouddha est un précurseur de Edmund Husserl et les bouddhistes sont des spécialistes de la phénoménologie du mental (...) La tradition bouddhiste n'a rien à voir avec la religion et tout à voir avec les sciences de l'esprit" . |