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Textes
Choisis |
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Entre
Orient et Occident
- par
entretien
avec
Stephen Batchelor |
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Ce
texte est une traduction d'un article paru dans le magazine bouddhiste
américain Tricycle sous le
titre "At the crossroad". Stephen Batchelor est interviewé
par James Shaheen, rédacteur en chef de Tricycle. L'interview s'est
déroulée au Nouveau Mexique, aux Etats-Unis, en juin 2002,
à la conclusion d'un atelier sur l'uvre de Nagarjuna.
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Q:
Nagarjuna , affirmez-vous, est peut-être le maître bouddhiste
le plus important après le Bouddha. Pourquoi ?
Stephen
Batchelor: Pour le Bouddhisme, l'avènement de Nagarjuna est important
à double titre: en premier lieu parce qu'il marque un retour à
l'essence de l'enseignement du Bouddha; ensuite, et c'est à souligner,
parce qu'il formule les enseignements bouddhistes dans un langage accessible
à tous. Il ouvre ainsi la porte à une diversification de
la doctrine bouddhiste qui va permettre d'élargir le cadre doctrinal
des premières écoles et favoriser ainsi l'émergence
de ce que l'on appellera plus tard le Mahayana. Q: Ne nous trouvons-nous pas dans une situation comparable? La re-formulation du Dharma dans une langue occidentale constituerait-elle le défi posé aux Bouddhistes d'aujourd'hui? Stephen Batchelor: Dans un sens, oui. Mais attention! Aussitôt que l'on se livre à une ré-interprétation des enseignements, le risque est grand de créer une séparation entre soi et le Dharma. Il faut être fermement enraciné dans le Dharma pour pouvoir le rendre vivant dans le monde moderne. Cela se vérifie chaque fois que les enseignements bouddhistes sont transmis d'une culture vers une autre: la fidélité aux sources de la tradition est indissociable d'une re-formulation des enseignements qui soit en adéquation avec les besoins exprimés. Q: L'enseignement des différentes traditions bouddhiques fait-il parti des moyens que vous employez pour relever ce défi ? Stephen Batchelor: En effet, chaque école offre des enseignements spécifiques et uniques. Je tente d'élaborer un modèle d'enseignement cohérent qui puise de manière égale à plusieurs sources: enseignements tibétains sur la philosophie, la psychologie et la doctrine bouddhistes, Vipassana pour la pratique de la conscience introspective et de la présence éveillée, et enfin Zen, pour les éléments de perplexité, de curiosité et de questionnement qui me semblent tout à fait indispensables. Q: Le passage d'une tradition à l'autre est courant en Occident. Comment expliquez-vous ce phénomène ? Stephen
Batchelor: Sauf exception, un Occidental a du mal à s'identifier
complètement à une orthodoxie asiatique. Quand on analyse
l'histoire du Bouddhisme, on remarque deux choses: d'une part, que chacune
des traditions asiatiques s'est développée en réponse
à des besoins précis de pratiquants, dans des cultures particulières
et à des moments précis de leur histoire; d'autre part,
que chacune de ces traditions a laissé dans l'ombre des pans entiers
de la tradition originelle. Q: N'y a-t-il pas un revers à cela? Stephen Batchelor: Si. Une telle diversité de l'offre peut mener au dilettantisme, au "papillonnage". Par ailleurs, la diversité représente une richesse quand les différentes approches sont intégrées dans une pratique régulière et soutenue. Je remarque de plus en plus souvent que ma compréhension des différentes écoles commence maintenant à s'intégrer à une compréhension plus globale. Les différents enseignements offrent suffisamment de compatibilité entre eux pour s'intégrer dans un tout cohérent. En effet, ne sont-ils pas tous issus d'une même source ? Q: Vous avez une approche très pragmatique, voire scientifique, du Dharma. Comment vous positionnez-vous par rapport aux idées sur la réincarnation ? Stephen Batchelor: C'est un débat très embrouillé, un véritable sac de nuds ! Je préfère en parler dans le contexte de mon propre vécu. Quand je poursuivais des études pour devenir Geshé , la croyance en la réincarnation était indispensable pour enseigner avec un minimum d'honnêteté dans cette tradition. On nous répétait que l'acceptation de la doctrine des renaissances était une étape nécessaire pour pouvoir se considérer comme Bouddhiste. Q: Comment avez-vous pu résoudre ce dilemme? Stephen Batchelor: Au début, je me réveillais au milieu de la nuit, en sueur, rongé par mes doutes sur la réincarnation. J'ai vraiment essayé d'y croire. J'ai cherché toutes sortes de confirmations à son existence, j'ai lu des études sur les enfants, entendu des adultes clamant leurs visions de vies passées, mais, finalement, rien de tout cela ne m'a convaincu. Un beau matin, je me suis rendu compte que je luttais pour m'approprier une croyance qu'au plus profond de moi-même je savais ne pouvoir accepter sincèrement. Puis l'idée me vint que, même si j'obtenais la preuve indubitable que tout s'arrête avec la mort, cela n'aurait pas d'incidence sur ma pratique du Dharma ici et maintenant. Q: Pouvez-vous préciser cette idée? Stephen Batchelor: L'argumentation traditionnelle pose que, si vous ne croyez pas à la réincarnation, votre motivation se limite à cette vie et à rien d'autre. Mais je ne crois pas que cela soit vrai. Nul n'est besoin de croire à la réincarnation pour comprendre que l'impact de nos actions perdure au-delà de notre présente existence et que leurs effets perdurent bien au-delà de notre être comme de notre existence. J'ai compris que mon engagement dans le Bouddhisme ne dépendait pas de cette croyance et qu'il était possible de pratiquer sans s'embarrasser de tout un appareil métaphysique. Q: Quelle est votre position aujourd'hui ? Stephen Batchelor: J'ai adopté une position agnostique. Je ne nie pas les renaissances de façon dogmatique, parce que cela témoignerait d'une attitude aussi bornée que la position inverse. Je ne rejette pas la possibilité de la réincarnation et suspends mon jugement. Je m'autorise à m'ouvrir au mystère de la mort, à accepter que nous ignorions ce qui se passera après la mort. Il me semble qu'une croyance absolue dans les renaissances équivaut à un déni de la mort. D'un point de vue existentiel, c'est une théorie sophistiquée, mais qui annule la réalité concrète de la mort. Q: En quoi était-ce différent pendant vos études Zen ? Stephen Batchelor: Les renaissances jouent un rôle mineur dans l'enseignement du Zen, si bien que leur impact sur la pratique est négligeable. Dans les textes en Pali, j'ai trouvé des passages affirmant que la croyance aux renaissances est sans conséquence sur la validité et l'utilité de la pratique. Il semble bien que le Bouddha hérita d'une conception indienne du monde la croyance en la réincarnation. La théorie s'est ensuite développée et affinée, mais il s'agirait au fond d'une relique de l'Inde ancienne qui s'est attachée au Bouddhisme au cours de son histoire, et qui n'est peut-être plus pertinente aujourd'hui. Q : Bien que vous professiez une position agnostique, ne penchez-vous quand même pas vers le doute? Stephen Batchelor: Ce que je trouve difficile à accepter, c'est de concilier les renaissances avec ce que la science nous dit de l'évolution de l'organisme humain et de la nature du cerveau. Il ne semble pas qu'il y ait de place pour une conscience incorporelle et fantomatique qui habiterait ce corps-cerveau et qui, au moment de la mort de ce corps-cerveau, continuerait à exister en tant qu'entité immatérielle, en se propulsant vers une nouvelle naissance. J'éprouve une grande difficulté à accepter cela. Pas tant parce que je désapprouve cette manière de voir, que parce que cela contredit ma compréhension des sciences naturelles. Mais, là encore, le paradigme scientifique actuel pourrait évoluer d'une manière imprévisible. C'est pourquoi je préfère rester ouvert à toute possibilité nouvelle. Q: Vos doutes mis à part, d'autres raisons ont-elles motivé votre abandon des pratiques tibétaines? Stephen
Batchelor: Oui. J'ai étudié auprès de Geshé
Ngawang Dhargyey et de Geshé Rabten pendant huit ans. La dernière
partie de mes études auprès de Geshé Rabten a consisté
en un programme d'entraînements très rigoureux qui incluait
l'étude de la langue tibétaine, la mémorisation de
textes, des débats en tibétain, et l'étude de textes
très techniques appartenant au domaine de la philosophie bouddhiste.
Cet entraînement me fut infiniment précieux, dans la mesure
où, aujourd'hui encore, ils servent de fondement à mes écrits
et enseignements. Q: Comment vos maîtres tibétains ont-ils réagi à votre départ ? Stephen Batchelor: Ils n'ont pas vraiment compris. J'ai vécu une période difficile. Pratiquant loyal et fidèle, j'ai toujours ressenti un fort sentiment d'appartenance à la tradition. J'avais un très grand respect pour Geshé Rabten et ce respect est resté intact. La séparation a été très difficile. Geshé m'avait beaucoup donné et mon départ était une manière bien étrange de le payer en retour. Mais, une fois parti vers le Zen, je ne revins jamais à la tradition Gelugpa. Q: Dans quelle mesure les enseignements de Geshé Rabten vous habitent-ils encore ? Stephen Batchelor: Dans ma pratique du Zen, en Corée, et plus récemment au cours de mon engagement dans la pratique de la conscience introspective et de la présence éveillée, Vipassana , je me rends compte que les idées qui m'ont formé pendant mon apprentissage Gelugpa me permettent d'intégrer une compréhension intellectuelle du Bouddhisme avec une expérience enracinée dans une pratique concrète. J'apprécie les idées philosophiques reçues de Geshé Rabten à leur juste valeur. Je reviens à mes racines Gelugpa, et je me rends compte que je partage encore beaucoup les idées si essentielles aux positions philosophiques Gelugpa. Q: Pourriez-vous citer quelques exemple? Stephen
Batchelor: Un aspect auquel je demeure attaché, est l'insistance
Gelugpa sur la compréhension exacte de ce qui est nié quand
on parle de non-soi ou de vacuité. Le danger, sur lequel nos enseignants
ne cessaient d'attirer notre attention, consiste à aller trop loin
dans la négation de la réalité du moi, une attitude
qui peut aller jusqu'à nier complètement son existence,
et qui mène directement au nihilisme. Q: Comment vivez-vous la tension entre ces deux pôles? Stephen
Batchelor: Il convient de reconnaître quel part de votre sens du
moi représente une fiction fallacieuse, une exagération,
une croyance en une essence permanente de moi, cette sorte de moi figé
qui procure un sentiment de sécurité existentielle auquel
nous nous attachons. Entre cette conception du moi et sa négation
pure et simple, il y a une manière de percevoir le moi, non comme
entité chose fixe et permanente, mais au contraire comme un processus
en continuel mouvement, fluide, engagé dans des choix éthiques,
qui poursuit des buts, nourrit des aspirations et permet à l'individu
de fonctionner en société. L'individu consiste en une pluralité
d'histoires, de moi qui interagissent et partagent des expériences,
qui apprennent des autres et enseignent aux autres. Le moi est alors perçu
comme une stratégie dans l'évolution que les êtres
humains ont été amenés à développer,
probablement pour des raisons d'adaptation. On n'est ni dans l'erreur
ni dans la névrose lorsqu'on considère son moi de cette
façon. Cette manière de voir porte en elle une vision émancipatrice
de la nature de l'individu, une perspective qui nous préserve d'une
contradiction à la fois logique et existentielle. En confondant
le moi dynamique avec le moi statique, on se prive de la possibilité
de l'éveil, du Nirvana, de la libération. Q: Vous utilisez beaucoup de termes contemporains dans vos enseignements et écrits. Par exemple Papanca est rendu par "processus de fixation, désir compulsif "; klesha devient " blocage ", Nirvana " aisance". Pourquoi? Stephen
Batchelor: Quiconque est assez téméraire pour s'aventurer
dans la traduction de textes classiques découvre vite le défi
presque impossible à relever de prendre un terme classique bouddhiste
et de lui trouver un équivalent adéquat dans notre langue.
Le traducteur doit rendre le texte vivant dans une culture pour laquelle
il n'a pas été initialement conçu. Q : Souvent, les mots que vous utilisez dans vos traductions, comme " processus de fixation " et " blocage ", relèvent de la terminologie des psychothérapeutes. Croyez-vous que la pratique bouddhiste puisse nous aider à lâcher prise vis-à-vis de nos attachements et blocages? Stephen Batchelor: Cela dépend des cas. Il nous faut d'abord observer la nature de ce mécanisme d'obsession ou de blocage particulier. Le blocage peut avoir sa source dans un besoin infantile non satisfait ; ce besoin peut être d'origine psychologique ou biologique. Il existe toute un éventail de raisons pour lesquelles une personne développe une attitude d'attachement et de dépendance ; c'est pourquoi il faut se garder de croire que le Bouddhisme offre une solution " clefs en mains " à tous les problèmes. Q: Qu'entendez-vous par là? Stephen
Batchelor: Le but premier du Bouddhisme n'est pas le traitement des pathologies
mais celui des problèmes existentiels. Quand je fais allusion aux
blocages et aux mécanismes d'obsession, je ne me réfère
pas à la dépendance aux drogues, encore qu'on puisse arguer
qu'il ne s'agit là que d'une extension des processus de fixation;
je parle de la condition existentielle que tout être humain, malade
ou sain, souffrant de pathologie mentale ou pas, partage avec l'ensemble
de la communauté humaine. Q: Il y a bien des moments où l'on n'aurait aucune difficulté à conclure que la pratique ne fonctionne pas ! Stephen
Batchelor: Nos habitudes mentales sont si enracinées qu'elles semblent
faire partie intégrante de notre nature la plus intime. On ne s'en
débarrassera pas en quelques années. C'est le travail d'une
vie entière. On a quelquefois l'impression que, plus on pratique,
moins on avance ; le doute s'installe et on désespère de
pouvoir résoudre ses problèmes les plus profonds. On mesure
alors le fantastique défi que représente la pratique du
Dharma. Q: A vous entendre, on dirait que le Nirvana n'est pas très accessible. Pourtant, lorsque vous traduisez Nirvana par " aisance ", il devient très présent. Pouvez-vous nous éclairer sur cette apparente contradiction ? Stephen
Batchelor: Il y a deux manières de considérer l'éveil:
comme immanence ou comme transcendance. Ce ne sont pas des termes qu'on
trouve habituellement dans les langues du bouddhisme. Je les emprunte
à la théologie chrétienne. Une théologie de
l'immanence pose que le divin se trouve au cur de l'expérience,
ici et maintenant, que Dieu est à l'intérieur de nous, plus
proche de nous que toute autre chose. La perspective transcendante insiste,
elle, sur l'altérité absolue d'un Dieu inconcevable, un
Dieu à qui on peut s'abandonner en toute confiance. Q: Où vous situez-vous sur ce double-axe en ce moment? Stephen
Batchelor: Je suis arrivé au Bouddhisme alors que j'étais
immergé dans la culture hippie, laïque et séculière.
Personne n'a eu besoin de me dire que le Bouddha était déjà
en moi, car j'avais ressenti cette vérité à travers
l'expérience du LSD. J'avais soif de transcendance, j'avais besoin
de m'en remettre à une vision beaucoup plus vaste, plus grande
que moi-même. Mes premières années d'étude
furent donc marquées par un contexte dévotionnel. Plus tard,
ce processus d'abandon, de transcendance, se transforma en un processus
d'aliénation. Q: Quel conseil donneriez-vous à un quelqu'un qui débute dans la pratique du bouddhisme ? Par où lui faudrait-il commencer ? Stephen
Batchelor: La motivation est un élément essentiel: quelle
importance revêt le Dharma pour cette personne? Est-ce vraiment
ce qui importe le plus dans sa vie ? Ou bien l'enseignement est-il destiné
à l'aider à faire face à sa vie familiale et professionnelle
? Q: Qu'est-ce qui, d'après vous, caractérise le développement du dharma en Occident ? Stephen Batchelor: Je suis probablement trop proche du terrain pour avoir une vue globale de la situation. Néanmoins, quelques points méritent d'être mentionnés. La rencontre avec une grande diversité de traditions en est un. Le fait que l'Occident dispose maintenant d'une génération d'enseignants formés à plusieurs écoles en est un deuxième. L'analyse du développement du Bouddhisme comme processus historique nous ouvre de nombreuses perspectives. On se rend compte que les différentes formes du Bouddhisme sont l'aboutissement d'une chaîne d'évènements contingents, le produit de conditionnements culturels et de circonstances induites par le contexte général. Que ces conditions cessent d'exister et ces mêmes formes changent ou périssent irrémédiablement. Cette perspective permet d'envisager pour l'Occident une forme de Bouddhisme, non tant focalisée sur la préservation -bien qu'il y ait également une demande allant dans ce sens- que sur un modèle dans lequel le pratiquant se trouverait engagé dans un continuel mouvement de création et de transformation. Q: Donc, vous voyez là une opportunité? Stephen Batchelor: Sans aucun doute, mais en même temps je suis conscient du danger. Comment voir les choses autrement ! Par exemple, le danger que le bouddhisme soit absorbé dans le mouvement psychothérapeutique ou dans une philosophie de type New Age qui lui feraient perdre son identité. Il se trouverait noyé sous les flux du discours contemporain, ce qui semble avoir d'ores et déjà commencé! Un autre danger qui guette le Bouddhisme est qu'il ne survive qu'au sein de groupes marginalisés ayant fait le choix de rester exagérément fidèles à une orthodoxie asiatique particulière et n'éprouvant aucun intérêt à aller à la rencontre de la modernité. Q: Qu'entendez par " la rencontre de la modernité " ? Stephen
Batchelor: La présence du Bouddhisme en Occident se singularise
par la nécessité d'affronter une société égalitaire,
un monde globalisé, l'héritage de la pensée judéo-chrétienne
et de la philosophie grecque, l'émergence d'un mode de pensée
scientifique et de technologies sophistiquées, l'éducation
universelle, la maîtrise de la procréation et une compréhension
sans précédent du cosmos et du fonctionnement du cerveau.
Toutes ces données étaient complètement étrangères
aux sociétés dans lesquelles le Bouddhisme s'est développé.
Le passé asiatique, pré-moderne du Bouddhisme, est incapable
d'offrir des réponses à toutes les questions posées
par le monde moderne. N'oublions pas que le Bouddhisme s'est soudainement
trouvé propulsé de sociétés pour la plupart
pré-industrielles et pré-modernes, à l'exception
peut-être du Japon, vers un monde post-moderne. Traduction
Daniel Millès, relecture par Lan-Phuong Phan (Février 2004)
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Stephen
Batchelor
Né
en Ecosse en 1953, Stephen Batchelor n'a que 18 ans lorsqu'il arrive à
Dharamsala, lieu de résidence du Dalaï-Lama, en Inde, pour
y étudier le bouddhisme dans tradition tibétaine. Ordonné
moine en 1974, il poursuit ses études bouddhiques en Suisse, sous
la direction du vénérable Geshé Rabten. |