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Les 5 aspects de la conscience - par Stephen Batchelor |
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Enseignement
donné au Forum 104 à Paris le 29 mai 2004 (retraite de Pentecôte).
Transcription Evelyne Boutron.
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Je
voudrais parler cet après-midi de la conscience, de ce que, dans
le bouddhisme, on entend par ce mot : la conscience, l'esprit. Ceci est tellement évident que c'est devenu la base sur laquelle les gens ont construit des théories d'un soi éternel, d'un soi permanent qui va survivre, même au-delà de la mort. Et il se peut que toutes ces croyances en une vie intérieure, en une vie future soient fondées sur cette intuition donnée à l'intérieur de nous-mêmes de quelque chose qui ne change pas. Le monde change mais cette capacité d'être conscient de ce qui arrive autour de nous ne change pas. Alors,
comme vous savez, le bouddhisme est très critique envers cette
intuition, cette sensation, cette conviction que nous sommes toujours
le même. Je crois, qu'imprégnés de cette notion d'être
un être conscient, nous avons aussi cette illusion d'être
quelqu'un qui ne change jamais. Mais si on réfléchit un
tout petit peu, il est aussi évident que le corps a changé.
Il m'est absolument impossible d'identifier mon corps de maintenant avec
celui du petit garçon de 2 ans que j'étais. Et, quand je
réfléchis un peu plus profondément, je me rends compte
que la conscience, c'est à dire les sentiments, les perceptions,
les pulsions et toutes les choses qui composent ce que j'appelle la conscience,
sont aussi des choses qui changent tout le temps. Ces changements sont
évidents. Quand nous pratiquons la méditation, surtout la
méditation où il n'y a rien d'autre à faire que d'observer
et d'être attentif à tout ce qui se passe à l'intérieur
et au dehors de nous, nous devenons de plus en plus attentifs à
la fluidité des phénomènes intérieurs, des
pensées, des émotions, des sentiments. Ils surgissent puis
ils passent. Ils surgissent et ils passent. A partir de là, il
est même impossible de croire à un soi permanent qui existe
ou qui semble exister en nous-mêmes. Evidemment, la plupart du temps, nous sommes préoccupés par toutes les choses qu'il y a à faire. Nous avons des besoins, des obligations, nous avons beaucoup de choses à faire continuellement et c'est assez rare de trouver des moments où nous nous trouvons seuls, conscients d'être conscients, conscients d'être ici et maintenant. La méditation, c'est une façon d'approfondir cette expérience d'être conscient. On pourrait dire peut-être que Vipassana, ou la méditation en général, est une pratique pour être plus conscient, plus présent, plus dans ce monde, plus sur cette terre, plus dans le monde avec les autres. Mais quand vous essayez de faire ça, comme nous avons essayé de le faire ce matin, comme beaucoup d'entre vous le font régulièrement, chaque jour ou dans les retraites de méditation, chacun se rend compte en effet qu'il passe assez peu de temps à être conscient. Comme Martine l'a expliqué ce matin avec cet exemple de la rencontre d'un ami sur le trottoir, on croise quelqu'un, on le regarde dans les yeux : il ou elle ne vous voit pas. Et certainement, nous avons tous eu cette expérience d'être physiquement présent mais mentalement absent. Toutes les choses que nous faisons régulièrement, les choses habituelles, il est très facile d'apprendre à les faire sans être conscient de les faire. Par exemple, quand on conduit une voiture, c'est tellement automatique qu'on peut même rêver au volant (pas trop quand même car on risque d'avoir des accidents). On peut faire ces voyages qu'on connaît très bien presque sans être conscient de les faire. Alors ce que nous faisons ici, c'est le contraire. C'est être de plus en plus conscients, même durant les activités qui nous sont très habituelles. Commencer à apprécier les petits détails de l'expérience. Normalement, quand nous regardons les choses comme les fleurs ou les arbres dans le jardin, ce ne sont que des fleurs et des arbres. On se dit : oui, c'est très beau, et on pense à quelque chose d'autre. Mais quand l'esprit commence à se calmer un peu, quand on commence à être plus attentif aux choses et que ce bavardage constant dans la tête commence à diminuer, ce n'est pas simplement une expérience d'avoir moins de pensées qui est ressentie mais c'est aussi une expérience d'avoir une ouverture beaucoup plus sensible à ce qui se passe à l'intérieur et autour de soi. C'est quelque chose qui se produit de façon assez courante pendant une retraite, pendant des séances de méditation. On sort après que la cloche ait sonné, et tout à coup on découvre que les fleurs, les feuilles, les poissons rouges dans la mare apparaissent avec une intensité particulière de couleur, de son. Chaque petit aspect ou détail de ce que nous expérimentons est plus vif, plus présent, presque étonnant. Et je crois que dans le processus de devenir des adultes, nous avons perdu aussi cette capacité d'être étonnés, comme des petits enfants par exemple qui, des fois, habitent dans un monde presque paradisiaque. Et je crois qu'à travers la méditation, il est bien possible de retrouver cette innocence de la conscience, cette pureté de conscience qui est imprégnée de cet étonnement, d'avoir ce choc presque d'être ici, d'être vivant. Mais quand on pose la question : qu'est-ce que la conscience ? Que veut dire réellement : connaître quelque chose, savoir quelque chose ? C'est une question à laquelle il est très difficile de répondre. On dit tout le temps : oui, je sais, oui je connais cette personne, cette chose. Mais qu'est-ce que ça veut vraiment dire ? Tout le monde sait ce que ça veut dire mais l'expliquer vraiment, c'est très difficile. La façon dont on connaît les choses est quelque chose de profondément mystérieux Pour
nous aider à aborder cette question de la conscience, le Bouddha
a enseigné une doctrine où il a parlé de 5 aspects.
On a toujours des listes en bouddhisme. Mais elles sont parfois pratiques
et utiles. Il a compris que la conscience n'est pas une seule chose. Ce
n'est pas quelque chose qui existe en soi-même mais dès qu'on
commence à investiguer la nature de la conscience, on découvre
que la conscience est multiple, complexe, qu'il y a beaucoup d'aspects,
de fonctionnements qui viennent ensemble afin de pouvoir dire : je suis
conscient. C'est un peu comme Saint-Augustin, un des pères de l'église,
qui disait une fois : "Tant qu'on ne me demande pas ce qu'est le
temps, je sais ce que c'est. Mais quand on me demande ce que c'est, je
ne sais pas". Il en est un peu de même avec la conscience.
Le Bouddha a lui aussi abordé cette question et il a défini
5 aspects de la conscience. Si on examine chacun de ces aspects, on commence
à avoir une idée de ce que la conscience est, qui est moins
complexe et moins simpliste. Le contact Ça commence avec cette idée de contact. Quand on dit je suis conscient, ça veut dire qu'au départ il y a quelque chose dans le monde ou en moi-même avec lequel je suis déjà en contact. Les bouddhistes ou la plupart des bouddhistes ne croient même pas qu'il y a une conscience qui existe indépendamment du monde, du monde extérieur et intérieur. Etre conscient, ça veut toujours dire être conscient de quelque chose. C'est une idée qu'on trouve aussi chez Husserl ou Brentano et d'autres philosophes occidentaux : l'intentionnalité de la conscience. La conscience veut toujours dire être conscient de quelque chose. Dans les enseignements de base en bouddhisme, il est très explicite que la conscience se forme seulement quand il y a un objet et un organe des sens et que ces deux choses se trouvent en contact. Par exemple, il y a un rayon de soleil qui touche le mur là-bas et avec ce reflet sur l'œil ou la rétine, on a la possibilité de dire : je vois les ombres sur ce mur. Mais il n'y a pas une conscience à l'intérieur de nous-mêmes, complètement indépendante de toutes les choses autour, qui attend que quelque chose arrive pour être consciente de cette chose. La conscience arrive ou est le produit de cette matrice des expériences des choses autour de nous et dès qu'un son arrive aux oreilles ou qu'une couleur, une forme est présente à nos yeux, à ce moment-là on peut dire : on est conscient, on sait, on connaît quelque chose. Et si le soleil n'est plus là ou s'il n'y a plus de son, on ne peut plus dire qu'il y a une conscience de l'écoute ou une conscience visuelle. Le mot contact qu'on utilise en anglais, en français, est le mot sanskrit qui se dit sparsa. Ça veut dire littéralement toucher. C'est le même mot qui est utilisé pour parler de la capacité du corps, des doigts, de la peau, à être en contact avec les autres choses. C'est l'organe du toucher. Le contact, en anglais, c'est facile à dire : we are always in touch with the world = nous sommes toujours en contact avec le monde. Cela, c'est la première condition de la conscience : être en contact avec les choses. Et bien entendu, le corps, les organes sont perpétuellement dans un état de changement. Ils ne restent pas les mêmes pendant deux moments successifs. Ils sont toujours dans un processus de choses qui changent. Et ce changement, pour nous, est perçu dès que nous nous trouvons en contact avec quelque chose d'autre. Le sentiment Ce contact, ce moment de contact a deux aspects qui suivent presque immédiatement après le moment de contact lui-même : -
Le premier effet est qu'on ressent ces choses. On parle ici du sentiment,
le Vedana en sanskrit. C'est difficile à traduire car on manque
dans nos langues du mot exact pour exprimer ça. Vedana signifie,
non pas toutes les choses qu'on appellerait sentiment ou émotion
mais ça se réfère à une gamme : aux deux extrémités
de cette gamme, on aurait l'agonie d'un côté et l'extase
de l'autre. Entre ces deux extrémités, on trouve une gamme
de sentiments qui sont soit des choses agréables, soit des choses
désagréables soit, pour beaucoup de nos vies, des choses
qui se trouvent plus ou moins au milieu : ce n'est ni agréable,
ni désagréable, c'est OK, un peu neutre, pas très
intéressant. Mais on peut toujours se situer, dès qu'on
est conscient de quelque chose, quelque part dans cette gamme de sentiments.
Ça veut peut-être dire que la conscience est toujours colorée
par le sentiment. Elle n'est pas quelque chose de neutre, c'est toujours
une sorte de ressenti qui est plutôt agréable ou plutôt
désagréable et parfois ni spécialement l'un ou l'autre. - Le deuxième effet du contact est que le monde nous apparaît comme quelque chose d'intelligible, qui a une signification. Ça, c'est quelque chose de plus difficile à remarquer : que les choses ont une signification, un sens.
C'est
peut-être tricher un peu, mais je voudrais lire un passage de mon
livre : "Le monde est toujours présent avec intelligibilité.
Même lorsque vous entendez le chant d'un oiseau que vous n'arrivez
pas à identifier, vous vous dites : celui-là, cet oiseau-là,
je ne le connais pas. Si un aveugle de naissance était soudain
capable de voir, il n'ouvrirait pas les yeux sur le monde des voyants
mais il verrait une myriade étonnante de couleurs et de formes
qu'il apprendrait par la suite à reconnaître". Encore une fois, il nous paraît totalement évident quand on s'assoit ici, de voir à travers les fenêtres, une clôture, des arbres, des bâtiments comme des choses simplement données, évidentes. Et en effet, toutes les choses que nous reconnaissons, nous avons appris à les reconnaître. La perspective, la distance par exemple, ce n'est pas donné. C'est quelque chose que nous avons appris à comprendre. Et avec ces exemples de personnes qui étaient aveugles de naissance et qui, quelques années plus tard, devenues adultes, ont subi une opération médicale qui a restauré leur vision, on pourrait croire, selon Hollywood, que dès que le pansement a été enlevé, l'homme ou la femme dirait : "ah, comme ce monde est magnifique ! Enfin, je vois les choses !"etc. Mais ce n'est pas comme ça du tout. C'est très bouleversant et chaotique. Ces gens ne comprennent rien de ce qu'ils voient. C'est très pénible. Ils se sentent totalement déboussolés. Pour eux, il n'y a qu'un chaos de couleurs et de formes sans aucun sens. Ils doivent apprendre comment faire, comment construire un monde visuel intelligible. Et ce n'est pas facile. Alors que pour nous, c'est totalement évident. Une des choses les plus difficiles pour eux, c'est d'apprendre à monter un escalier. Parce que sur le plan visuel, c'est très difficile de différencier la portion plate de l'escalier de la portion verticale. Ils préfèrent souvent reprendre leur canne, fermer les yeux et refaire comme avant. Ce qui, pour eux, est beaucoup plus facile, plus évident. Un autre exemple assez simple pour nous : j'imagine qu'il y en a peu d'entre vous qui peuvent lire le chinois. Si j'écrivais sur ce mur un caractère chinois, on le trouverait peut-être assez joli mais il n'aurait aucun sens pour nous. Mais pour les Chinois, c'est immédiatement intelligible comme pour nous les titres de livres ou les mots sur les panneaux. On sait tout de suite ce que ça veut dire sans avoir à réfléchir. Le sens de ces mots paraît sortir du panneau lui-même. Si j'écrivais ici quelque chose comme "merde", tout le monde serait tout de suite choqué par ce graffiti. Le choc serait immédiat. Le sens est déjà donné à cause de notre éducation, de notre enfance qui ont donné un sens au monde. Alors le monde n'arrive pas dès le début comme quelque chose qui a du sens. Le sens est imputé, donné aux choses. Pas seulement aux choses extérieures mais également aux choses intérieures. Et ceci a beaucoup à faire avec le langage, les concepts, tous les moyens que nous avons développés en tant qu'être humains pour comprendre, différencier le monde dans lequel nous nous trouvons. La perception, ce n'est pas la même chose que la conscience. C'est une partie, une fonction de la conscience comme le sentiment, comme le contact. Quand on s'assoit ici en méditation, on pourrait, si on le voulait, devenir attentif au contact avec les choses, aux sentiments qui surviennent à cause de ces contacts et aux perceptions qui sont présentes dès qu'on se trouve en contact avec n'importe quoi. Avec cette analyse, on déconstruit cette notion d'une conscience pure, d'une conscience donnée.
Mais
la conscience est encore plus que cela. Etre dans ce monde, ce n'est pas
simplement être le récepteur d'impressions, de sons, d'images,
de sentiments, de perceptions mais c'est aussi se trouver dans un monde
qui se présente comme un champ de possibilités. Quand on
se trouve à un moment donné assis en méditation,
on se trouve dans un état où le futur est présent
sous forme de plusieurs possibilités. On a la possibilité
de choisir, de parler, d'agir et cette capacité est quelque chose
qui est toujours présente. Le monde et les autres sont une sorte
d'appel : qu'allez-vous faire ? Et on a le choix, la liberté, soit
de réagir d'une façon habituelle, suivre nos attachements,
nos désirs, nos peurs, réagir et agir de la façon
que nous connaissons, ou bien nous avons la possibilité d'agir
autrement. C'est là je crois qu'on trouve le premier goût
de la libération, de la liberté. Normalement, quand on parle
de ces choses en bouddhisme, on pense tout de suite à une libération
spirituelle, un éveil ou quelque chose comme ça. Mais je
crois que la base de cette idée de libération se trouve
en chaque instant : est-ce qu'on est libre, vraiment, d'agir dans cette
perspective ouverte, présente et consciente ou est-ce qu'on va
simplement continuer à faire les choses selon nos habitudes ? On
parle beaucoup des habitudes, ici dans le bouddhisme et dans cette méditation
: on s'assoit, on devient plus attentif à la respiration par exemple.
Puis surgit une idée dans la tête, peut-être une idée
très séduisante. Qu'est-ce qu'on va faire ? Voilà
une possibilité. Le monde, c'est à dire notre esprit, notre
corps, notre biologie peut-être, nous montre une possibilité.
Dans la méditation, on travaille effectivement avec le moment où,
soit on réagit de façon habituelle, on est séduit
par cette idée et on la suit, soit on se dit : voilà une
idée, elle est là mais je reste tranquille. Elle arrive,
elle va passer. Et je reviens à la respiration. En agissant avec
cette liberté, on peut trouver dans cette ouverture une façon
de ne pas réagir de manière habituelle. C'est un entraînement
à mon avis assez important pour le comportement dans la vie quotidienne. Alors si on revient à la conscience, c'est aussi un champ de possibilités, un champ de possibles. La conscience est toujours au seuil de l'action. Toujours. Le mot en sanskrit est Cetana. Normalement il est traduit comme l'intention qui, pour le Bouddha, est exactement le même mot que le karma. Le karma est un des mots les plus difficiles à comprendre dans le bouddhisme et on a beaucoup d'idées très bizarres autour de lui mais quand les disciples demandaient au Bouddha : qu'est-ce que le karma ? Il répondait toujours : "le karma, c'est le cetana, c'est l'intention. C'est quelque chose qui est toujours là, avec chaque moment de la conscience. La conscience est toujours soit en action, agissante, soit sur le seuil de l'action, sur le point d'agir. C'est constitutif de la conscience elle-même d'être en action ou sur le point d'agir. La conscience répond toujours au monde, aux choses ou aux personnes. L'attention Nous
avons maintenant couvert le contact, le sentiment, la perception, l'intention
ou la possibilité d'agir. Le 5è aspect dont parlait le Bouddha,
c'est l'attention. Ceci est vraiment l'esquisse d'un enseignement que j'avais initialement étudié avec Géshé Rabten en Suisse parce que les Tibétains aussi ont cette façon d'expliquer le fonctionnement de la conscience. Mais on le trouve aussi dans les textes du Bouddha en pali. Alors, finalement, quelle est donc la relation entre ces cinq éléments : le contact, le sentiment, la perception, l'intention, l'attention et la conscience elle-même ? Géshé Rabten expliquait que, comme une main a les doigts, la peau, les os, les nerfs et le sang, il est impossible de réduire la main aux doigts, à la peau, aux os mais c'est impossible pour la main de fonctionner sans les doigts, la peau, les os, les nerfs et le sang. Alors la même relation existe entre le contact, le sentiment, la perception, l'intention, l'attention et la conscience. La conscience est l'ensemble de toutes ces parties. Ce n'est pas quelque chose qui existe séparément de ces choses mais ce n'est pas non plus quelque chose qui peut être réduit à une de ces parties. Il faut avoir ces cinq éléments ensemble et dès qu'ils fonctionnent ensemble, on peut dire : je suis conscient. Je sais quelque chose. Je connais quelque chose. On connaît et on sait quelque chose parce qu'on est en contact avec, on ressent cette chose, on perçoit cette chose, cette chose est intelligible, elle a un sens pour nous, on peut maintenant être en relation avec cette chose, on peut agir, on peut réagir, la chose donne des possibilités de saisir ou de laisser tomber. Et ça nous donne la possibilité d'être attentif. De focaliser notre attention sur cet objet. Et ces cinq fonctions ensemble produisent ce qu'on appelle la conscience. Si ces fonctions n'existent plus, la conscience n'arrivera pas. |
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Stephen
Batchelor
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