|
1- Je
voudrais savoir combien parmi vous ont vu le film intitulé "Little
Buddha" ? Une enquête a permis d'établir que 25
% des Européens et 23 % des Américains croient en la réincarnation.
Il y a donc beaucoup de gens qui sont prêts à croire ou qui
sont favorables à l'idée de réincarnation.
La notion de réincarnation est populaire pour plusieurs raisons
:
D'abord il semble que certains individus qui nuisent aux autres par leur
comportement ne souffrent pas du tout ; c'est une forme d'injustice, il
faudrait donc qu'il y ait une vie future pour que ces gens puissent en
quelque sorte payer en échange du mal qu'ils ont commis.
Une autre raison, c'est que la durée de la vie terrestre est trop
courte pour à elle seule décider de l'éternité.
Nous vivons 50, 60, 70 ans seulement et nous voudrions avoir d'autres
possibilités pour réussir à être en harmonie
avec Dieu, pour prouver que nous sommes capables de vivre mieux.
La troisième raison c'est la peur du néant. Si ce corps
disparaissait, recommencer dans un autre corps plus sain, ce serait comme
de changer de vêtement. Il faut donc qu'il y ait d'autres vies pour
continuer et ainsi la notion de réincarnation est très réconfortante
et elle prend racine en Occident.
Enfin, nous voulons tous savoir ce qui va arriver après notre mort
et nous nous révoltons tous contre l'idée que nous devons
mourir. C'est pourquoi l'idée de réincarnation est très
importante pour nous. Devons-nous continuer ou pas après la mort
? Et où ? et quand ?
A cause du film de Bertolucci les gens pensent de plus en plus à
la réincarnation.
2- Une
chose amusante est qu'en Asie on n'aime pas tellement l'idée de
réincarnation parce qu'on voudrait plutôt que la roue de
l'existence cesse et avec elle le cycle des souffrances. Mais en Occident,
il semble que l'on aime cette idée. Il y a donc une différence
de mentalité entre l'Occident et l'Orient. C'est un fait que l'idée
de réincarnation, avec la notion de continuation qu'elle implique,
est actuellement très populaire.
La notion de résurrection est proche de celle de réincarnation.
Qu'est-ce qui doit être ressuscité sinon le corps ? Donc
nous pouvons utiliser la notion de réincarnation. Lorsque le corps
est restauré, l'âme entrera à nouveau dans le corps.
D'après les enseignements du Jugement Dernier chacun doit retrouver
son corps ressuscité et c'est bien une réincarnation. Il
est difficile de dire qu'il n'y a pas de réincarnation dans le
christianisme.
Nous savons que les humains ne peuvent pas être heureux s'ils ne
croient pas en quelque chose. La foi est importante, mais la foi c'est
quelque chose de vivant, c'est comme l'amour, la haine, le désespoir,
c'est une formation mentale. C'est une chose vivante et tout ce qui est
vivant change. Votre foi c'est quelque chose de vivant qui doit changer
au cours du temps, qui doit grandir comme un arbre. La foi qui était
la vôtre quand vous aviez dix ans n'est plus là. Que vous
soyez chrétien, musulman, marxiste, bouddhiste ; la foi est quelque
chose qui doit changer tout le temps : il faut accepter ce fait.
L'avantage de l'étude et de la pratique du bouddhisme, c'est qu'on
nous rappelle constamment que tout change y compris notre foi, la foi
est une chose vivante.
3- Alors
que vous continuez à vivre, votre foi grandit. C'est la même
chose dans toutes les traditions spirituelles et nous ne devons pas craindre
l'arrivée d'un changement dans notre façon de croire. En
fait, lorsque les choses arrêtent de se développer, la vie
devient impossible. D'une part, nous savons que sans foi nous ne pouvons
pas vivre, nous ne pouvons pas être heureux. D'autre part, nous
savons que la foi est quelque chose qui change. Il y a donc le risque
de perdre votre foi et dans ce cas vous devenez une sorte de fantôme
affamé.
C'est pourquoi notre attitude vis-à-vis de la foi est très
importante. Nous devons prendre soin de notre croyance, de notre foi,
d'une façon très sage, de sorte que notre foi se développe
dans la direction qui nous apportera plus de paix et de joie.
Il y a plusieurs années vous aviez une idée à propos
du Bouddha, cette idée était en rapport avec votre foi dans
le bouddhisme. Maintenant après plusieurs années de pratique
vos notions à propos du Bouddha ont beaucoup changé et bien
sûr votre foi a aussi changé. Donc votre foi dépend
de vos notions, de votre perception, de vos études, de votre pratique.
Nous devons abandonner nos perceptions, nos notions, de façon à
avoir une perception meilleure, une foi meilleure. Nous ne pouvons pas
nous associer une seule notion à un objet unique de notre foi.
D'abord il se peut que nous croyions que la réincarnation correspond
à l'idée que l'âme entre dans le corps. Nous pouvons
dire que l'âme est permanente et le corps impermanent. Lorsque nous
nous débarrassons d'un corps nous pouvons entrer à nouveau
dans un autre corps. L'immortalité de l'âme et l'impermanence
du corps, c'est peut-être une première notion de réincarnation.
4- Il
se peut que nous commencions comme cela et que nous nous appelions bouddhistes,
c'est accepté pour un débutant. Mais si vous continuez à
être un bouddhiste vous devez pratiquer plus et l'idée de
l'immortalité de l'âme doit faire place à une autre
idée plus proche de la réalité.
Si vous étudiez les soutras, si vous pratiquez l'observation de
votre esprit ; vous verrez qu'il n'y a rien de permanent dans l'ensemble
des cinq agrégats (skandas) : le corps, les sensations, les perceptions,
les formations mentales et la conscience. Tout change constamment. Il
n'y a pas une seule chose qui reste identique pendant deux moments consécutifs.
Vous voyez que non seulement le corps, mais aussi l'âme est impermanente,
parce que l'âme est faite d'éléments tels que les
sensations, les perceptions, les formations mentales et la conscience.
En dehors de ces éléments il n'y a rien que vous puissiez
appeler une âme. L'idée d'immortalité de l'âme
doit être remplacée et votre compréhension de la réincarnation
sera plus proche de la réalité.
On appelle bouddhisme populaire le bouddhisme des masses. Mais si vous
continuez, vous entrez dans un autre bouddhisme : le bouddhisme profond
; et c'est un domaine que nous explorons. A cause de cette exploration
nous sommes plus proches de la réalité de nous-même
et du Dharma. L'idée de réincarnation est encore là
mais notre compréhension est différente.
Ré-in-carnation : "carn", c'est la chair. L'idée
consiste en ce qu'il y ait une âme, un corps et l'âme pénètre
dans le corps. Dans le bouddhisme on n'utilise pas le mot réincarnation
mais le mot renaissance, parce que la notion de réincarnation implique
l'existence d'une âme immortelle qui entre et sort du corps et entre
à nouveau dans un autre corps. Il n'existe rien de tel que cette
âme immortelle qui sort d'un corps pour entrer dans un autre. L'utilisation
du mot renaissance est perçue comme quelque chose d'inadéquat
parce que le mot naissance représente quelque chose qui n'existe
pas vraiment si nous sommes capables de toucher la réalité
de la non-naissance et de la non-mort.
Etre né veut dire qu'à partir de rien on devient quelque
chose et que de quelque chose on devient rien lorsque l'on meurt. J'existe
pendant tant d'années et tout d'un coup je cesse d'exister. C'est
la notion habituelle de mort et de naissance. Observant ce qui nous entoure
nous voyons que rien ne fonctionne ainsi.
Il y a une fleur et nous pensions que c'est quelque chose qui vient de
rien. Mais avant sa naissance la fleur existe sous une autre forme. Dans
le bouddhisme nous pouvons transcender la notion de naissance et de mort
et nous utilisons le mot de re-manifestation. La naissance de la fleur
c'est un jour de re-manifestation. La fleur était donc déjà
là sous une certaine forme mais nous n'étions pas capable
de la reconnaître. Vishnapti veut dire se manifester de façon
à ce que les gens reconnaissent et perçoivent. L'idée
de manifestation implique l'idée d'une manifestation antérieure.
Cette chose est toujours là. Si les conditions sont suffisantes
cette chose peut à nouveau se manifester. Et, lorsque nous voyons
les choses se manifester, nous disons qu'elles sont nées mais en
fait elles ne sont pas nées, elles se manifestent. Parce qu'être
né c'est à partir de rien. Donc il y a eu quelque chose
avant qu'il y ait manifestation.
6- Les
notions de naissance, d'existence, de venir, de paraître sont des
notions que nous appliquons à une chose après qu'elle se
soit manifestée. Avant la manifestation de cette fleur nous ne
la voyons pas. Nous disons : la fleur n'est pas encore née. Lorsqu'elle
se manifeste nous disons : la fleur est née, elle est arrivée.
Etre né, être arrivé, c'est s'être manifesté
et lorsque la fleur à cause d'un manque de conditions nécessaires
arrête de se manifester nous disons qu'elle n'est plus. Donc toutes
nos notions comme la naissance, la mort, l'être, le non-être,
venir, partir, toutes ces notions doivent être transcendées.
La réalité est en dehors de ces notions. Lorsque nous étudions
le bouddhisme et pratiquons le regard profond nous nous libérons
de toutes ces idées. Nous avons toujours une croyance et elle est
de plus en plus solide et personne ne peut nous l'enlever, parce que notre
croyance n'est pas faite de notions mais de la réalité.
Au début on peut croire à la réincarnation et grâce
à cette croyance vous avez l'impression d'être sur un chemin,
mais lorsque vous commencez à pratiquer votre idée sur la
réincarnation change. Au début vous avez l'idée de
cette âme immortelle qui entre dans un corps et qui en sort pour
entrer dans un autre. Mais, comme vous observez profondément à
l'intérieur et à l'extérieur vous comprenez que cette
notion est un peu naïve. Donc vous transcendez cette notion et ainsi
votre foi se développe. Comme la croissance de votre foi est basée
sur l'observation véritable, vous avez toujours votre croyance
et elle continue à vous apporter de la joie, vous savez que même
si votre croyance change demain, vous n'aurez pas peur parce que vous
approchez de plus en plus la réalité. Il n'y a aucun risque
de ne plus avoir de croyance parce que vous avez décidé
d'être un avec la réalité.
7- Si
vous décidez de vous attacher à un concept vous risquez
de douter et alors, vous allez plonger dans la nuit de la non croyance
et c'est un moment très difficile dans une vie.
Au début de votre pratique du bouddhisme vous avez une notion du
Bouddha, du Dharma et de la Sangha. Vous exprimez votre désir de
prendre refuge dans le Bouddha, le Dharma et la Sangha. Votre croyance
dans le Bouddha, le Dharma et la Sangha est basée sur votre compréhension
des trois joyaux à ce moment. Mais alors que vous pratiquez, vos
notions de Bouddha, de Dharma et de Sangha ont changé et c'est
une bonne chose. Parce que si dix années passent sans que votre
croyance évolue vous risquez de vous réveiller et de ne
plus croire en ce que vous croyiez. Il semble que cette notion n'est plus
valable et vous êtes plongé dans l'obscurité de la
non croyance. Nous ne devons pas accepter une chose comme la vérité
et la garder comme une notion en nous. Nous devons observer cette chose
chaque jour nous devons toucher la réalité de notre vie
spirituelle chaque jour et c'est une façon très sûre
de nous occuper de notre croyance.
Au Village des Pruniers vous avez appris que le Bouddha est une personne
éveillée qui a beaucoup de compréhension et de compassion.
Vous apprenez que vous aussi vous avez l'éveil et que vous pouvez
cultiver la compréhension et la compassion. On vous donne des instructions
pour y arriver. On vous explique qu'il y a une semence de pleine conscience
en vous. Si vous voulez arroser cette semence chaque jour, si vous pratiquez
le toucher de cette semence chaque jour, cette semence va se développer
et vous procurer l'énergie de la compassion, de la compréhension,
de l'amour, de la joie.
8- En
pratiquant vous remarquez que l'enseignement est vrai parce que votre
compréhension, votre tolérance et votre compassion se développent
chaque jour. A cause de cela (l'expérience directe de la pratique)
vous croyez dans la pratique de la pleine conscience et personne ne peut
retirer cette croyance de vous. On vous dit que l'essence de Bouddha c'est
I énergie de la pleine conscience en lui ou en elle. On vous dit
que vous avez cette semence de Pleine conscience et que vous avez la capacité
d'un Bodhisattva. Et comme l'énergie de la Pleine conscience c'est
l'essence d'un Bouddha ou d'un Bodhisattva, vous savez que le Bouddha
et le Bodhisattva sont là. Parce que chaque fois que vous êtes
soutenu, que vous êtes motivé, que vous êtes éveillé
par l'énergie de la pleine conscience vous vous sentez bien, joyeux,
vivant vous sentez la force en vous et donc l'énergie de la pleine
conscience est l'objet de votre croyance. Si vous croyez en la pleine
conscience en vous-même ; votre croyance dans le Bouddha sera identique
à cela. Donc vous n'avez pas besoin d'aller en Inde pour rencontrer
le Bouddha. Vous n'avez pas besoin de retourner 2600 ans en arrière
pour rencontrer le Bouddha. Vous savez que vous pouvez rencontrer le Bouddha
dans l'ici et le maintenant chaque fois et où vous -le voulez.
L'autre jour, j'ai dit que si j'entends que le Bouddha est maintenant
dans l'état de Bihar en Inde au pied de la montagne Gridakuta,
que si l'on veut le rencontrer et pratiquer la méditation marchée
il faut acheter un ticket d'avion. Je ne suis pas tenté de faire
cela parce que je sais que je peux être avec le Bouddha. Je peux
le faire tout de suite, je n'ai pas besoin d'aller où que ce soit
pour le faire. Et nous tous pouvons le faire parce que le Bouddha n'est
pas une image pour nous ce n'est pas plus une notion.
9- C'est
quelque chose de plus substantiel que l'on peut toucher à chaque
moment et si vous avez ce genre de foi vous êtes réconforté,
personne ne peut vous enlever cela et au moment de mourir vous serez fort
parce que vous savez qu'il n'y a ni mort ni naissance mais seulement des
manifestations et des cessations de manifestation.
Au mois d'avril on ne peut voir aucun tournesol autour du Village des
Pruniers et on pourrait dire qu'ils ne sont pas là. Pourtant les
graines de tournesol ont déjà été plantées,
les fermiers ont tout préparé et ils sont conscients de
cela. Lorsqu'ils regardent les collines et les champs vides ils peuvent
déjà voir les champs couverts de fleurs. Il se peut que
nous ayons l'impression que les tournesols n'existent pas à ce
moment là, mais cette notion ne correspond pas à la réalité.
Les tournesols sont là mais il manque quelques conditions comme
la chaleur des mois de juillet et d'août. C'est la raison pour laquelle
nous ne voyons pas de tournesol.
Alors qu'il marchait seul, Saint François d'Assise s'est approché
d'un amandier, il a regardé profondément cet arbre et lui
a demandé : "Parle-moi de Dieu". Et tout d'un
coup l'amandier s'est couvert de fleurs. Lorsque j'ai lu cette histoire,
j'ai eu l'impression de lire une histoire zen, parce que les histoires
zen ressemblent à cette histoire.
Si au mois d'Avril, en marchant, vous passez près d'un champs de
tournesols, demandez aux collines de vous montrer le Royaume des Cieux,
la Terre Pure. Il se peut que le champ se couvre tout d'un coup de tournesols.
En fait les fermiers qui ont planté les semences savent qu'elles
sont là et ils sont capables de voir les fleurs. Il suffit d'être
ici en juillet pour voir tout le champ
couvert de tournesols.
10- Dans
le bouddhisme nous parlons en termes de dimension historique et de dimension
ultime. Dans la première nous voyons plusieurs signes comme la
naissance, la mort, l'être, le non-être, l'aller, le venir.
Dans la dimension historique vous pouvez penser que le Bouddha vivait
il y a 2600 ans et qu'il vous faudra peut être attendre de très
nombreuses années avant qu'un autre Bouddha apparaisse. Il se peut
que vous planifiiez votre vie d'après cette opinion, mais si vous
choisissez la dimension ultime vous verrez que vous pouvez tenir la main
du Bouddha pour partir en méditation marchée immédiatement.
Les deux dimensions sont une. Vous ne pouvez pas imaginer la dimension
ultime distincte de la dimension historique. C'est comme les vagues et
l'eau. Les vagues vues à la surface de l'océan représentent
la dimension historique mais la substance qui crée la vague, c'est
l'eau et bien que les vagues semblent avoir un début, une fin,
un haut et un bas, l'eau dans les vagues ne peut pas être décrite
par ces caractéristiques.
La dimension ultime ne dépend pas des signes, des notions d'existence,
de non-existence, de l'aller et du venir. Nous savons que l'eau et les
vagues sont unes et nous ne pouvons pas séparer l'une de l'autre.
La dimension historique est une avec la dimension ultime. Si vous savez
toucher les vagues profondément, vous pouvez toucher l'eau. Si
vous savez toucher profondément le monde de la naissance et de
la mort, de l'aller et du venir, vous pouvez toucher le monde de la non-naissance
et de la non- mort, du non-aller et venir. C'est cela, notre pratique
de chaque jour.
11- II
faut vivre votre vie de telle façon que vous puissiez toucher la
dimension ultime plusieurs fois par jour, sinon tout le temps.
Supposez que vous regardiez ce pot de fleurs. Si vous êtes en Pleine
conscience, et il y a des façons d'être en Pleine conscience
comme par exemple respirer, s'incliner profondément devant la fleur.
Tout d'un coup la fleur se révèle à vous : la fleur
est une manifestation et nous même sommes une manifestation. Les
fleurs représentent tout le cosmos, l'infini, dans le temps et
dans l'espace et nous aussi.
Si vous continuez à être là, à observer alors
vous pouvez toucher la dimension ultime de la fleur et vous touchez votre
propre dimension ultime. A ce moment vous pouvez vous établir dans
la dimension ultime, libéré des notions de naissance et
de mort, d'aller et de venir, d'être et de non être.
Vous ne voyez pas seulement la présence de la fleur comme une chose
merveilleuse mais aussi la manifestation de vous-même comme une
chose merveilleuse. Selon votre regard profond vous toucherez plus ou
moins profondément la dimension ultime de la fleur et de vous-même.
Le Bouddha nous offre le genre de pratique qui peut nous aider à
toucher la dimension ultime.
L'autre jour je parlais de la pratique de toucher la terre. Chaque soir
avant ou après la méditation assise nous faisons trois,
cinq ou six prosternations. En joignant les paumes de mains, en vous inclinant
vous vous voyez en contact avec tous les ancêtres. Ancêtres
spirituels et ancêtres de la famille, vous vous voyez comme la continuation
de ces ancêtres, vous voyez qu'ils sont
12- vous-même
et vous voyez aussi vos enfants et petits enfants et disciples présents
dans ce moment. Dans l'acte de toucher la terre, vous vous rendez à
la terre pour être avec le courant d'être que vous êtes
vraiment. A ce moment vous êtes vos ancêtres mais aussi les
générations futures. Simplement en touchant la terre de
cette façon vous touchez la dimension ultime. Restant ainsi pendant
quelques minutes : inspirez, expirez et vous vous voyez comme étant
chaque personne de la lignée. A ce moment là vous n'êtes
plus pris par la notion de moi tel que :" Je suis ce corps ".
Le Bouddha a dit :
"Ces yeux ne sont pas moi, je suis plus que ces yeux". Touchant
la terre pour la seconde fois il se peut que vous soyez tout d'un coup
un avec la terre, avec les montagnes, avec les pins. Touchant la terre,
vous êtes tout : la fleur, la table. Vous êtes libres des
notions de moi. A ce moment vous touchez la dimension ultime.
Il se peut que vous fassiez cela par respect pour le Bouddha et les ancêtres.
Vous restez vous-même et les ancêtres restent eux-mêmes.
Une personne distincte s'incline pour montrer sa gratitude envers les
ancêtres. Cette pratique est utile mais en continuant vous allez
approfondir et en vous inclinant vous toucherez la dimension ultime.
Si nous pouvons toucher la dimension ultime une transformation se passe
en nous. La peur, la douleur commencent à se transformer. La joie,
la liberté, la paix vont se développer en nous, nous nous
sentons bien en nous-mêmes. Nous sentons que l'amour et la compréhension
nous habitent et les gens, les arbres, l'eau et l'air autour de nous vont
sentir la même chose.
|