La réalité est au delà du mental - par Adyashanti

J’ai toujours quelqu’un qui pose la question : « Qui réalise cela ? », « Qui s’éveille ? ».
Si ces questions sont réellement sincères, ce sont de très bonnes questions ; elles sont utiles car elles aident à révéler qu’il n’y a pas vraiment de « qui »…

Qui lâche ? Qui est en chemin ? Qui réalise et qui est éveillé ?

Ces questions sont très puissantes à un certain niveau, mais dans un sens plus profond, lorsque nous ne nous battons plus avec ce qui se révèle, elles ne s’appliquent plus. Il n’y a plus de « qui ».

Le bouddha dans son contexte indien

Une émission particulièrement intéressante de Sagesses Bouddhistes qui se penche sur le contexte dans lequel le Bouddha est né, puis a vécu en Inde… il y a maintenant 2600 ans. L’Inde de l’époque réunissait des caractéristiques, culturelles et religieuses bien différentes de celles d’aujourd’hui. Siddharta Gautama qui devint le Bouddha (qui veut dire « l’éveillé ») s’est séparé du brahmanisme afin de créer dès cette époque une société plus juste, généreuse et altruiste. Invité : Dominique Trotignon

La nature de l'esprit – par Matthieu Ricard

Lorsque l'esprit s'examine lui-même, que peut-il apprendre sur sa propre nature? La première chose qui se remarque, ce sont les courants de pensées qui ne cessent de surgir presque à notre insu. Que nous le voulions ou non, d'innombrables pensées traversent notre esprit, entretenues par nos sensations, nos souvenirs et notre imagination. Mais n'y a-t-il pas aussi une qualité de l'esprit toujours présente, quel que soit le contenu des pensées ?

Dana: cultiver la générosité - par Yanai Postelnik

J'ai eu récemment la chance de passer quelque temps au monastère bouddhiste "Cittaviveka" que l'on pourrait traduire par "Le Cœur Solitaire / Cœur retiré du monde". Pendant ce séjour, j'ai été vraiment touché par toutes les marques de gentillesse et de générosité, frappé par la beauté et la force du partage quotidien, pratique répandue dans ce monastère mais aussi dans bien d'autres monastères du monde entier. Les monastères sont fondés sur le principe de la générosité ou Dana; c'est dans ces lieux que se sont transmis les enseignements du Dharma. Ce fut pour moi une vraie bénédiction, un profond enrichissement que d'être relié à la source même de cette tradition.

La compassion - par Anne Michel

Les deux ailes de l’oiseau qui permettent à la méditation de nous diriger vers l’Eveil, sont la sagesse et la compassion, nous dit le Bouddha.

En approfondissement les 4 Vérités Nobles, nous comprenons que la vie n’est pas parfaite. Ce n’est pas une position philosophique, c’est la réalité de l’expérience vécue: les choses changent. L’expérience est parfois bonne et parfois douloureuse. La méditation ne va rien changer à ce réel. C’est la première Vérité.

La nature de bouddha - par Stephen Batchelor

Ce terme, la nature de bouddha, est très répandu en Occident, soit parmi les bouddhistes, soit parmi les gens intéressés par le bouddhisme. C'est une idée qui est devenue très centrale, très inspirante pour beaucoup de gens.
Nous pouvons commencer par la définir en disant que la nature de bouddha est la capacité que nous possédons tous à nous ouvrir et nous épanouir, non obstrués par des choses qui finissent par nous renfermer.

L'effort sans effort - par Martine Batchelor

Mon maître, Master Kusan, utilisait souvent l'analogie de la glace en hiver. Si le soleil brille une seule journée, la glace ne fond pas. S'il brille pendant plusieurs jours, alors on a de l'eau pour se laver et nettoyer.
Une fois sur la voie de la méditation vous aurez besoin de beaucoup d'endurance pour surmonter toutes vos mauvaises habitudes. Intellectuellement, il se peut que vous compreniez que rien n'est fiable et que les choses sont impermanentes et vides d'une existence séparée, mais il est difficile de faire passer cette compréhension au niveau du vécu quotidien.

Vivre le dhamma - par Ajahn Tiradhammo

Dans la vie courante aujourd'hui, une masse de choses sollicitent notre temps et notre énergie. Or ceux-ci ne sont pas illimités ! Pour quelques-uns, et peut-être pour nous tous à certains moments, le Dhamma peut aussi devenir l'une de ces choses qui se disputent notre temps et notre énergie. Nous voudrions méditer davantage, mais nous n'avons pas le temps. Nous voudrions rester plus longtemps assis en posture de méditation, mais nous n'en avons pas l'énergie.

Le Sangha - par le vénérable Thich Nhat Hanh

Nous avons tous un grand besoin d'amour. Notre survie en dépend, ainsi probablement que le destin de notre planète la Terre. Il est écrit que le prochain bouddha sera Maitreya, le bouddha de l'amour. Mais d'après moi, plutôt que de se manifester sous la forme d'un être physique, Maitreya pourrait se manifester sous la forme d'une communauté montrant le chemin de l'amour et de la compassion. A la base de l'amour il y a la pleine conscience. Impossible d'aimer sans être pleinement conscient, sans être présent. Apprendre à être présent peut sembler facile, mais à moins de s'y être entraîné, c'est difficile. Nous vivons dans l'oubli depuis des milliers d'années et on ne change pas d'habitude facilement. Pourtant notre rencontre profonde avec la vie n'est possible que dans l'instant présent. Pour y parvenir, il nous faut un soutien, et ce soutien c'est le Sangha, la communauté de ceux qui pratiquent la voie.

Le bouddhisme aujourd'hui : Pratique radicale de l'éveil ou juste un autre système de croyance ? - par Martin Aylward

Ces derniers temps, il me semble qu'à chaque fois que j'ouvre un journal, on parle d'une célébrité pratiquant le bouddhisme. Il semblerait qu'être bouddhiste soit devenu une forme d'identité pour les stars de cinéma et les musiciens. Entre le charme flou de ces célébrités et les différentes traditions et formes d'enseignements, qui toutes se déclinent sous la vague dénomination de bouddhisme, comment trouver ses repères ?

Manque et plénitude – par Charles Genoud

La méditation peut être abordée sous deux aspects : d'une part la technique, de l'autre l'état d'esprit. La technique peut varier. Elle joue un rôle secondaire. L'état d'esprit joue le rôle principal. Si l'état d'esprit n'est pas compris, quelle que soit notre capacité technique, la pratique ne pourra pas s'approfondir. D'où l'importance pour moi de chercher à transmettre de la manière la plus claire possible l'état d'esprit de la méditation.

La sagesse - par Charles Genoud

Hier en fin d'après-midi, j'ai commencé à parler de la différence entre Samatha et Vipassana, entre la concentration et la sagesse. Pour être plus précis, la traduction de Vipassana est : vision pénétrante, menant à la sagesse. J'ai également donné quelques indications concernant le développement de la concentration, à partir d'un discours du Bouddha traitant en particulier des obstacles qui empêchent son développement. Je voudrais aujourd'hui ajouter quelques éléments au sujet de la sagesse, car j'ai été trop bref à son sujet.

La saisie - par Martine Batchelor

S’accrocher ou pas? La saisie est une tendance primaire. Nous avons souvent le sentiment que le monde et les choses qui nous entourent nous collent à la peau. Que d’une certaine manière nous faisons office d’adhésif. A chaque fois que nous entrons en contact avec un objet par le biais de nos sens - la vue, l’ouïe, l’odorat, le goût, les sensations ou les pensées - la tendance à la saisie a l’opportunité de se manifester.

La simplicité positive - par Ajahn Tiradhammo

La caractéristique la plus importante de l'école des moines de la forêt est la «simplicité positive», tout à la fois physique et mentale. Ce n'est certainement pas quelque chose de facile, mais il est possible de la cultiver et elle est en outre universellement reconnue comme la vertu la plus fondamentale et le meilleur exemple d'une vie spirituelle.

La compassion - par Charles Genoud

Je voudrais cet après-midi parler d'un autre aspect du chemin spirituel. J'ai préalablement parlé de la présence et de l'absence d'objectif en ce qui concerne la pratique méditative, la pratique de Vipassana. J'aimerais maintenant parler d'un autre aspect qui impliquera plus de réflexion et aussi d'action, je voudrais parler de la compassion. Il se peut qu'on ait tendance à comprendre la compassion un peu comme un fardeau, comme une ascèse nécessaire et indispensable dans un cheminement spirituel, un peu comme le prix qu'il faudrait payer sans percevoir la qualité positive, l'enrichissement que représente la compassion en elle-même.

A l'écoute des pensées - par Dilgo Kyentsé Rinpoché

Telles des vagues, toutes les activités de cette vie se sont déroulées sous forme de flux et de reflux incessants, ne laissant finalement qu’un sentiment de vide. Notre esprit est habité d’innombrables pensées, chacune d’elles donnant naissance à beaucoup d’autres, ce qui ne fait qu’augmenter notre confusion et notre insatisfaction. En examinant de plus près ce qui se cache derrière nos habitudes les plus courantes, nous nous rendons compte que nous sommes fondamentalement incapables d’en analyser correctement les mécanismes sous-jacents. Nous nous comportons comme si toute chose existe réellement, alors qu’il ne s’agit en fait que d’une illusion.

Le son du silence - par Ajahn Sumedho

Dans la vie quotidienne ordinaire, le silence est quelque chose qui n’intéresse personne. On considère plus important de réfléchir, de créer, de faire des choses — autrement dit, de « remplir » le silence. En général nous écoutons un son, de la musique, des paroles mais pensons que dans le silence il n’y a rien à écouter. Quand personne ne sait quoi dire dans une réunion, les gens sont gênés, le silence met mal à l’aise. Pourtant des concepts comme le silence et la vacuité nous montrent une direction à suivre, une chose à observer, car la vie moderne a fait éclater le silence et démolir l’espace. Nous avons créé une société dans laquelle nous sommes sans cesse actifs, nous ne savons pas nous reposer, nous détendre, ni même simplement être.

Partir des vues pour arriver à la vision - par Bhikkhu Bodhi

L’enseignement du Bouddha nous met régulièrement en garde contre les dangers de l’attachement — l’attachement aux possessions, aux plaisirs, l’attachement aux gens, aux vues (opinions). Le Bouddha avance ces paroles d’alarme parce qu’il voit dans l’attachement une très forte cause de souffrances, c’est pourquoi il nous dit que le prix à payer pour parvenir à « l’autre rive » (la libération) est l’abandon de toutes les sortes d’attachement. Dans une attitude qui pourrait à première vue être considérée comme allant à l’encontre de ses propres découvertes religieuses, le Bouddha dit même que nous ne devrions même pas nous attacher à son enseignement, et que même les principes salutaires du Dhamma doivent être considérés comme un radeau qui ne nous sert qu’à traverser le fleuve.

Pourquoi méditer? - par Ajahn Sucitto

Si vous lisez ce guide, c’est peut-être parce que vous avez envie de savoir pourquoi les gens méditent. Pourquoi est-ce qu'ils s'assoient immobiles, droits et silencieux pendant de longs moments ? À quoi pensent-ils? Si c'est une sorte de religion, en quoi croient-ils? Eh bien, peut-être que certains méditants suivent délibérément un type de pensée précis, peut-être que d'autres ont une foi profonde en un Dieu ou en une Vérité. Mais on peut aussi méditer sans cela. Pour faire simple, tout se résume à trouver la paix de l'esprit dans l'esprit lui-même. Que l'esprit soit bien l'endroit où chercher cela devient évident quand on reconnaît que l’être humain est profondément tendu et inquiet malgré les nombreuses avancées technologiques, médicales et sociales.

La méditation n'est-elle qu'introspective, obsession de soi, juste une étude du soi? - par Ajahn Sucitto

Cette sorte de méditation nous aide à réaliser ce que sont les choses pour nous, comment elles se présentent, ce qui est plutôt intéressant, parce qu'en fait, ce qui semble être le monde extérieur n'est qu'une image du monde. Celle-ci est profondément dépendante de ce à quoi nous choisissons d'être conscient, de la manière dont nous recevons les choses, et ce que nous en faisons ; donc vraiment l'idée que le monde et le soi sont séparés est trompeuse.

La pratique de la concentration – par Charles Genoud

Pendant ce week-end, nous essayons de consacrer la majeure partie de notre temps à la pratique, sans nous attacher aux concepts qui la sous-tendent. Il est cependant important de comprendre le contexte dans lequel elle s'inscrit. En effet, si des erreurs de compréhension interviennent, si la façon dont elle s'organise n'est pas bien vue, un obstacle peut en résulter au sein même de la pratique, des attitudes et un état d'esprit erronés. Attacher beaucoup d'importance à la pratique n'exclut donc pas la nécessité d'une certaine compréhension.

 

La voie - par Stephen Batchelor

Plutôt que de parler de pratique du "bouddhisme", il serait plus approprié de parler de "cultiver la voie", ou "cheminer".

Je voudrais offrir quelques réflexions sur cette idée fondamentale de la voie, du chemin, du sentier, dans le bouddhisme et dans toutes les traditions spirituelles.

Approfondir la pratique - par Ajahn Tiradhammo

Tahn Natthiko m'a demandé de dire quelques mots ce soir, me disant qu'il voulait s'inspirer de mes trente ans d'expérience de la vie monastique. C'est aussi pour moi un bon thème de réflexion. Qu'est-ce que j'ai fait pendant ces trente dernières années ?

La générosité d'abord - par Ajahn Thanissaro

Il y a plusieurs années, alors qu'Ajahn Suwat enseignait à l'IMS, j'étais son interprète. Au bout du deuxième ou du troisième jour de la retraite, il s'est tourné vers moi et a dit : « J'ai remarqué que lorsque ces gens méditent, ils ont l'air affreusement lugubre. » En parcourant la salle des yeux, je me suis rendu compte que tout le monde était effectivement assis l'air très sérieux, le visage tendu, les yeux hermétiquement clos. C'était presque comme s'il y avait écrit sur leur front : « Le nirvana ou la mort. »

L'art de la méditation - par Ajahn Tiradhammo

Le titre de cette conférence est "L'art de la méditation'~ J'espère que personne n'a pensé que cela allait être une exposition d'art présentée par des méditants! Nous devons choisir un certain titre pour ces conférences, principalement pour situer des approches souvent bien différentes, parce qu'un sujet comme la méditation est extrêmement varié et qu'il comporte une gamme étendue de connotations.

Nirvana - par Ajahn Thanissaro

Il y a longtemps, à l'époque du Bouddha, Nirvana (Nibbana en Pali) avait un verbe qui lui était propre : "nibbuti". Il signifiait "éteindre", comme une flamme. Comme on pensait que le feu était prisonnier lorsqu'il était en train de brûler, à la fois s'attachant au combustible dont il se nourrissait et prisonnier de lui, son extinction était vue comme une libération. S'éteindre c'était être sans entraves. Parfois un autre verbe était utilisé : "parinibbuti". Avec le préfixe "pari", qui signifie total, ou tout autour, pour montrer qu'une personne sans entraves, comme le feu, ne serait plus jamais prisonnière.